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ligieux Mahométans se sont fotmés fans doute fur lemodele de nos premiers solitaires ; mais il faut avouerque ce font de très-mauvaifes copies d’excellents ori-ginaux. Ils font profession d'une vie dure & austere,pleine de bonnes oeuvres, & uniquement occupée deschoses célestes; nais on les voit, en Turquie commeailleurs, très-peu fideles à remp ir leur engagement.En effet, les uns vivent dans une indolence méprisa-ble : quelques autres passent les jours entiers fur leschemins, ou au coin des rues fréquentées; &, courbésvers la terre, ils reçoivent indignement saumoné despassants fans la demander. II en est d’autres qui, mon-tés fut des échasses, & tenant à la main une demi-pique , courent par la ville nus en chemises , en criantcomme des forcenés : « II n’y a point de Dieu que« Dieu ! » ou bien ils portent fur leurs épaules unegrande besace pleine de pain, &i de morceaux de fres-sures de mouton demi-pourries, pour les distribuer auxchiens & aux chats qui n’ont point de gîte.
Ceux qui ont le talent d’amuser le peuple , font lesbaladins & les charlatans. Ils chantent de porte enporte comme nos aveugles, au son des tambours debasque. Les autres fe vantent de dire la bonne aven-ture ; de faire des exorcifmes pour chasser les dé-mons. Ils s’affichent encore pour vendre des images,des reliques de Mahomet, &c. Ajoutez à cela unextérieur mal-propre , dégoûtant; un orgueil & uneignorance qui tient de la stupidité : enfin ils montrentles dehors de toutes les vertus, souvent fans en avoiraucune.
Les Turcs ont aussi leurs religieuses , qui imitentces Santons dans toutes leurs extravagances. Elles semêlent aussi de sortilèges , de distribuer des remedes ,& de faire des quêtes, comme nos soeurs de sainteClaire , en allant dans toutes les grandes villes pouramuser les gens oisifs. Leur obéissance consiste à faireleur volonté; leur clôture, à courir route la journéede maison en maison ; leur pauvreté , à prendre detoutes mains; & leur chasteté, à n’être cruelles à per-sonne.