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Tome premier.
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mille, comme les autres défunts ; & leurs obseque*ne sont ni moins brillantes ni moins fréquentées.

14. Le deuil des Russes, & de la plûpart des peu-ples septentrionaux, consiste dans de grands festinsqu’ils font en shonneur du mort, dans lesquels les li-queurs fortes font prodiguées, & où ils s’enivrent,pour charmer, disent-ils, leur chargrin & noyer leucaffliction.

15. Le deuil des habitants de Congo est très-rigou-reux. Les parents du défunt, pendant un certain temps,renoncent absolument au commerce du monde. Lestrois premiers jours, ils ne prennent aucune nourri-ture. Lorsque le mort est d une condition commune ,ils se rasent toute la tête; se frottent le visage d’huile,& répandent dessus une certaine poussière faite avecdes feuilles seches, & des plumes pilées ensemble. Sile défunt est d’un rang distingué, les parents íe con-tentent de se raser le dessus de la tête, qu’ils envi-ronnent d’écorces d’arbres, ou dune bande de toile.Les veuves qui demeurent à la cour, ou dans lesgrandes villes, font obligées de rester enfermées dansleurs maisons, pendant une année entiere. Ce termeétant expiré, lortqu’elles reparoissent dans le monde,elles portent un bonnet qui leur deicend par-derriere,jusque sur les épaules. Leur habillement est noir, ou-vert par les côtés, & leur descend devant & derrierejusqu’aux genoux.

16. Le deuil des habitants de Cabo de Monte, enGuinée, n’est pas, comme en Europe, une vaine cé-rémonie : c’est un acte de religion auquel on s’engagepar un vœu exprès. Le deuil consiste ordinairement,pour l’extérieur, à se raser la tête, & à ne porter au-cun habit de couleur; mais on ne s’en tient pas là :on observe, pendant près d’un mois , un jeûne rigou-reux; on couche fur la terre, & l’on s’interdit touteespece de commerce avec les femmes. Lorsque ledeuil est fini, on se fait relever des obligations con-tractées par le voeu ; & toutes les cérémonies se ter-minent par un somptueux repas qu’on donne à íesamis en mémoire du défunt*