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reçoivent les gens instruits? 11 y a encore une infinitéde choses naturelles & ind-.fléientes, que le vulgairesuperstitieux interprète sérieusement, fuit en bien, soiten mal : c’est particulièrement parmi les femmes quese conservent ces restes de barbarie. On voit à Parisla plupart des femmes d’un certain état chercher àconnoitre, par le moyen de certaines combinaisonsde cartes, ce qui doit leur arriver, & faire de cetterecherche puérile & ridicule leur plus agréable occu-pation lorfqu’elles (e trouvent seules.
i. II y a une divination naturelle, raisonnable &permise : c’est celle qui consiste à prédire, par exem-ple, la pluie ou le beau temps, le calme ou la tem-pête, par l’obscrvation des signes qui, dans le coursordinaire de la nature, ont coutume de précéder telleou telle variation dans l’air. Mais toutes les autres es-pèces de divination , qui font artificiel'es &. imaginéespar la superstition , ne peuvent être pratiquées inno-cemment. Telle est entr’autres la divination des évé-nements ou des rencontres. Ceux-là s’en rendent cou-pables, qui croient qu’on si ra malheureux à la chassesi l’on rencontre un moine, & qu’on fera heureux siJ’on appe çoit une femme débauchée, ou si l’on s’en-tretient de choses déshonnêtes ; qu’il leur arrivera dumalheur, si éiant à table on renverse la saliere, si l’onfait tomber du sel devant eux, si l’on répand du vinsur leurs chausses, si l’on met des couteaux en croix,si l’on marche fur des fétus disposés de certaine ma-niéré; que c’est une choé de mauvais augure, quand,dans une maison, la poule chante avant le coq, &la femme parle avant son mari ; que quand une fem-me nouvellement accouchée prend pour marraine deson enfant une femme grosse, l’un ou l’autre des deuxenfants ne vivra pas long-temps; que de deux per-sonnes mariées ensemble, cele-là mourra la premie-rs , du nom & du surnom de laquelle les lettres setrouveront en nombre non pair; que pour sçavoir siun malade mourra de ia maladie dont ii est travaillé,il n’y a qu’à lui mettre du sel dans la main, & quesi le sel fond, c’est uns marque qu’il en mourra, mais