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Tome troisieme.
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En sortant du temple de Sérapis, Thulis est égorgé.Si cet oracle n’est point supposé , on ne pourroit l’attri-buer à la fourberie des prêtres. Où auroient-ils prisune connoissance si positive de ia sainte Trinité ?

Mais ceux qui ne veulent voir dans les oracles qu’unartifice adroitement ménagé, s'inscrivent en faux contrecette histoire & les autres semblables qu’on débite furce sujet. lis disent que, dans un temps où l’on sup-posoit tant de livres, on pouvoit plus aisément sup-poser quelques histoires ; que les auteurs de celles qu’onallégué ne font pas des écrivains dignes de foi en tout;que l’histoíre de Thulis , rapportée par Suidas , écrivainpeu scrupuleux , a le même défaut que les livres dela Sibylle ; quelle s’explique avec trop de clarté furnos mystères ; qu’elle est d’ailleurs démentie par l’his-toire , qui nous apprend que ce fut un Ptolomée qui fîtvenir foracle de Sérapis du Pont en Egypte : or ceThulis étoit bien plus ancien que les Ptolomées. Une se-conde raison qui portoit les Chrétiens à attribuer les ora-cles aux démons, étoit la convenance que cette opinionparoiffoit avoir avec la philosophie de Platon , alors forten vogue parmi les Chrétiens. Le Platonisme est ausiìrempli de génies & de démons qui servent à entrete-nir le commerce entre Dieu & les hommes , quoiqu’ilsoit plus que probable que Platon n’admettoit pointde mauvais démons auxquels on pût confier le foinde tromper les hommes. Ses disciples s’étoient écartésde fa doctrine fur cet article. Eusebe cite plusieurspassages de Porphyre , qui prouvent que ce philosophepayen étoit persuadé que c’étoient les démons qui ren-doient les oracles. Jamblique avoit la même opinion ;& l’autorité de ces Platoniciens étoit capable d’en im-poser aux Chrétiens. Mais les partisans du système op-posé trouvent que l’autorité de Platon & des Platoni-ciens étoit bien foible & même chimérique ; que leursentiment sut les démons pouvoit être mis au nombredes autres mensonges ; qu’ils enseignoient que PlatonJui-même netoit peut-être pas aussi sûr de l’existencede ses démons, que les Platoniciens Pont été depuis ;que ce philosophe a mêlé, de gaieté de cœur, trop de