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L’usage des oraisons funèbres est très-ancien. 11 futpratiqué chez les Grecs : on le voir par l’exemple dePériclès, qui prononça , au rapport de Thucydide ,l’éloge funebre des guerriers qui avoient péri dans uncombat. Chez les Romains, Valérius Publicola fut lepremier qui introduisit la coutume de louer les morts.Junius Brutus , son collègue, ayant été tué dans uncombat contre les Etrusques, il fit exposer son corpsaux yeux du peuple , dans le forum ; puis , montantfur la tribune , il prononça l’éloge de cet illustre libé-rateur de Rome. Depuis ce temps, on continua derendre ce tribut légitime de louanges à tous les grandshommes, après leur mort. C’étoit ordinairement undes parents du défunt qui prononçoit l’oraifon fune-bre. On rendit austi cet honneur aux dames Romai-nes. Ce fut une récompense de la générosité avec la-quelle elles offrirent leurs bijoux & leurs pierreriespour contribuer à payer les sommes immenses que lesGaulois exigeoient de la république. Le sénat recon-noissant ordonna qu’à l’avenir les dames Romainesseroient honorées, après leur mort, d’un éloge fu-nebre ; &. Popiila fut la premiere qui jouit de ce pri-vilège.
Aujourd’hui, les hommes & les femmes illustres parleur naissance & leur rang reçoivent le même honneur.Un orateur distingué prononce leur éloge, au milieudu service, en forme de sermon.
2 . Les oraisons funèbres font fort en usage, & mê-me prodiguées chez les Luthériens. Elles font une par-tie essentielle des funérailles. 11 n’y a si petit bourgeoisdont on ne fasse l’éloge aprés fa mort. La mat ere estsouvent fort stérile. Le défunt n’a quelquefois ni ver-tus , ni naissance, ni vices brillants que l’éloquencepuisse travestir en vertus : alors le panégyriste fe tirale mieux qu’il peut, à l’aide des lieux communs & dequelques mensonges. Pour faire mieux sentir jusqu’oùva la profusion des éloges funèbres dans les églisesLuthériennes, il suffit de dire que les enfants mêmesqui meurent au berceau n’en font pas privés.
Z. Sur la Côte d’Or, en Afrique, après les obse-