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la grâce. Pelage, moine Anglois , & Cilestius, aussimoine de profession, furent les auteurs de cette hé-résie qui fut en peu de temps fort accréditée. Célesi-tius, homme subtil & éloquent, n’étoit que le disci-ple de Pelage, qui, n’osant prêcher lui-mêine son er-reur, se servoir de lui pour la répandre & la faire goû-ter. Plusieurs grands personnages s’éìeverent contrecette hérésie ; mais nul ne l’a si bien confondue queS. Augustin. Elle fut condamnée dans un grand nom-bre de conciles.
PÈLERINAGE: voyage que l’on fait à quelqueHeu de dévotion.
x. M. Fleury nous apprend que'le fut l’origme despèlerinages. Dans les premiers siécles de l’Eglise, «on31 accouroit de tous côtés, dit cet auteur, aux tom-« beaux des saints , pour célébrer leur mémoire ; &» souvent plusieurs évêques s'y rencontroient. Un seul» exemple peut faire juger du reste. S. Paulin rap-» porte plus de vingt noms , tant de villes que de» provinces d’Italie, dont les habitants venoienttous» les ans , en grandes troupes, avec leurs femmes &« leurs enfants, à la fête de S. Félix , le 14 de Jan-i> vier, nonobstant la rigueur de la saison ; & cela ,» pour un seul confesseur, dans la feule ville de Noie.j? Qu’éroit-ce par toute la Chrétienté ? Qu’étoit ce à» Rome , aux fêtes de S. Hippolyte, de S. Laurent,« des apôtres S. Pierre & S. Paul ? On y venoitj> même de fort loin , & en tout temps. Ainsi ont» commencé les pèlerinages. Dès le commencement» du troisième siécle , quand S. Alexandre fut fait» évêque de Jérusalem, il étoit venu de Cappadoce» visiter les saints Lieux.
» Et véritablement, continue M, Fleury , c’étoit» un des meilleurs moyens d’aider la piété par les» sens. La vue des reliques d’un saint, de son féoul-» cre , de fa prison , de ses chaînes, des instruments« de son martyre , faifoit une toute autre impression« que á’en entendre parler de loin. Ajoutez les mi-11 racles qui s’y faifoient fréquemment, St qui atti—n roient même les infidèles, par l’intéíêt pressant de la