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tous les matins , quatre ou cinq heures avant le jour, &continue fa route jufqu’à deux heures après midi. Maissouvent, pour éviter les incommodités des chaleurs ex-cessives , elle marche pendant toute la nuit. L’ardeurde ce climat est ordinairement tempérée, pendant l’été ,par un vent de nord très-frais. On a loin d’élever beau-coup les tentes du côté qui est exposé à ce vent ; & ,par ce moyen, il rafraîchit l’eau qu’on porte renferméedans des vases, & l’empêche de se corrompre. Maissi , par malheur, il arrive que ce vent du nord ne soufflepas, l’air brûlant qu’on respire répand la mortalité íurla caravane. Quelquefois il s’éleve un vent de midi,qui roule des tourbillons de fable , fous lesquels les hom-mes & les bêtes font ensevelis. On remarque que lescorps de ces malheureux que le fable a étouffés fontensuite tellement desséchés par le soleil, & deviennentsi légers, que souvent, lorsque les caravanes passent parle même chemin, s’il artive qu’un pèlerin marche furle bout du pied d’un de ces cadavres, il se leve à l’ins-tant à sa rencontre, &. le frappe au visage.
Outre les fatigues & les dangers que les pèlerins ontà essuyer pendant le cours de ce voyage, ils ont en-core de prodigieuses dépenses à faire. Pendant l’espacede cent jours qu’ils font en marche, il leur faut des voi-tures pour leur commodité & pour le transport de leursprovisions qui font en grande quantité ; car il ne se pré-sente sur la route aucune ville, à l'exception de Mé-dine ; encore n’y passe-t-on qu’en revenant. II fautdonc qu’ils portent avec eux de l’eau & du bois, ou-tre les vivres ordinaires. Si les Arabes apportent quel-ques denrées à la caravane , il les vendent excessive-ment cher. A peine, dans l’espace de trois ou quatrejours, peut-on trouver une fois de l’eau. Lorsqu’il s’a-git d’acheter à la Mecque de nouvelles provisions pourle retour, on les paye trois fois plus quelles ne coùte-roient au Caire, parce que des caravanes si nombreusesne peuvent manquer d amener la cherté fur leur pas-sage. Les pèlerins ne le contentent pas même des frais né-cessaires : ils ont l’ambition de briller, dans ce voyage ,plus que ne le permettent leurs facultés. 11s font de