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grandes aumônes à une troupe de pauvres qui suiventla caravane Ôt vivent à ses dépens. Ils emportent aveceux de riches présents destinés pour le temple de laMecque & pour l’Emir-Hadge. La Mecque possede,il c-st vrai, de grands revenus, qui doivent être em-ployés à soulager les pèlerins; mais l'avarice des admi-nistrateurs & de l’Emir-Hadge s’oppose à c:tte pieusedestination.
Pour que les Turcs , naturellement économes & mé-nages , entreprennent un voyage ft dispendieux, il faut,sans doute, qu’ils soient animés par un motif de reli-gion bien puissant : auffi, dès l’enfance, a-ton foin d’tns-pirer à tous les Mahométans le désir de faire ce fameuxpèlerinage ; & rien n'est capable de ralentir à cet égardleur zele & leur dévotion. Les femmes mémes entrepren-nent ce voyage avec leurs maris. Quelquèfois elles semettent en marche toutes seules ; & les Turcs, si délicatsfur la bienséance du sexe, souffrent l’irrégularité de cetteconduite en faveur du motif. Les femmes, il est vrai,font ce voyage avec toute la décence possible : cellesqui font riches se font porter dans des litières ; quel-ques-unes font assises dans des especes de cages cou-vertes qtt’on suspend aux deux côtés d’un chameau. Lesfemmes du commun vont simplement montées fur deschameaux , & n’ont que leur voile pour se dérober auxrayons brûlants du soleil & aux avides regards deshommes ; mais, en général, on veille avec le plus grandfoin , pendant tout le voyage, fur l’honneur des per-sonnes du sexe ; & jamais il n’arrive qu’elles reçoiventla plus légere insulte.
Les chameaux qui portent la caravane sont touspeints en jaune. Leur tête est ornée de plumes rougesd’autruche. 11s portent de chaque côté une petite ban-nière ; & leurs harnois font semés de divers coquilla-ges. Le second & le troisième de chaque brigade por-tent de longues sonnettes de chaque côté. Tous ont fousla selle un gros tapis dont on se sert pour les couvrirpendant la nuit. L’Emir-Hadge & les pèlerins richesparent leurs chameaux de divers ornements qui les dis-tinguent ; mais ceux qui portent les présents qu’on en-
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