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& aux soldats qui les gardoient. Quelquefois on don-noit ordre de faire entrer ceux que l’on croyoit capa-bles d’ébranler leur constance , un pere , une mere, unefemme, des enfants, dont les larmes 8t les discours en-fantins étoient une autre efpece de tentation, 8c sou-vent plus dangereuse que les tourments. L’Egìife avoitun foin particulier de ces saints prisonniers : les diacresles visitoient souvent,pour les servir, pour faire leurs mes-sages & leur donner les soulagements nécessaires. Lesautres fideles aboient aussi les consoler : ils gagnoient parargent les gardes 8c les geôliers pour avoir la libertéd’entrer dans les prisons. 11s baisoient les chaînes deleurs frétés , béniffoient leurs peines Sc fouhaitoient d’yavoir part. 11s pansoient leurs plaies, St leur apportoienttoutes les commodités qui leur manquoient, des lits ,des habits, des rafraîchissements ; jusques-là que Ter-tullien se plaignoit que l’on faisoit bonne-chere dansces prisons.
Quelqu’un s’étonnera peut-être que les Romains, quidans leurs loix Sc le reste de leur conduite nous parois-sent st pleins de sagesse Sc d’équité, exerçassent surd’autres Romains Sc enfin sor des hommes les cruautésque nous lisons dans les histoires des martyrs ; que lesjuges fissent tourmenter les accusés en leur présence,dans la place publique, devant tout le peuple, Sc qu’ilsemployassent des supplices si divers,qu’ils semblent avoirété arbitraires ; c’est pourquoi nous allons examinerce qui étoit de leurs loix 8c de leurs mœurs, Sc ce queJe faux zele de la religion 8c la politique y ajoutoient.
Les Romains faifoient publiquement à l’audiencetous leurs actes judiciaires, les procès criminels auffi-bien que les civils, l’instruction auísi-bien que le juge-ment ; Sc les audiences le tenoient dans la place publi-que. Le magistrat étoit fous une galerie couverte, assissur un tribunal élevé, environné de ses officiers avecdes licteurs portant des haches Scies faisceaux de verges,& des solda s toujours prêts à exécuter ses ordres : carles magistrats Romains avoient l’exercice des aimesausst-bien que de la justice. Les peines de chaque crimeétoient réglées par les loix, mais différentes selon les