Band 
Tome troisieme.
Seite
270
JPEG-Download
 

2.7° «^[P P>. E].^*

agréments de la vie ; ils étoient fort riches. Outre lesrevenus considérables & fixes qu’ils renoient de la li-béralité du souverain , les offrandes du peuple supers-titieux étoient pour eux un fonds immense & intarissa-ble. Leurs principales fonctions coníistoient à brûler del’encens& d’autres parfums en l’honneur de la divinité,qu’ils fervoient quatre fois dans la journée régulière-ment ; à égorger les victimes ; à instruire le peuple, lesjours de tète. Ils étoient aussi grands magiciens, qualitéordinaire de tous les prêtres idolâtres. Le principalfond de leurs opérations magiques étoit un onguent com-posé des sucs de plusieurs animaux venimeux, & dequelques autres ingrédients, comme de la résine, dunoir de fumée, & particulièrement d’une herbe qui avoirla propriété de déranger le cerveau. Ils faifoient re-cueillir un grand nombre de reptiles venimeux qu’ilsbrû'.oient en présence de leurs dieux. Leur- cendresbroyées dans un mortier avec du tabac, & mêléesavec les ingrédients dont nous venons de pailer, com-pofoient cet onguent merveilleux, auquel ils donnoientle titre pompeux de Mets ou Nourriture des Dieux.Avec le secours de cette composition, ils avoient uncommerce intime avec les démons, se vantoient depouvoir guérir toutes les maladies, apprivoiser les lions,les ours & les animaux les plus féroces , & opérerplusieurs autres prodiges.

i^.Les Indiens qui habitent la province de Da-lien , dans le voisinage du Mexique, ont des prê-tres dont toutes les fonctions se réduisent presque àdes opérations magiques , dans lesquelles Us loin très-habi’es : ils sçavent imiter avec la voix les cris desbêtes & le chant des oiseaux : ils ont plusieurs instru-ments faits de cannes , comme des tambours , desflûtes, dont ils se servent pour accompagner leursconjurations. 11s se servent auffi, pour le même usa-ge , de quelques os de bêtes attachés ensemble, &de certaines pierres qu’ils frappent l’une contre l’au-tre, avec une espece de cadence. Ils se vantent depouvoir guérir toutes sortes de maladies; & rien n’estplus singulier que la façon dont ils y procedent, « lis