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homme , pour imiter le crucifiement de Jesus-Christ ;mais au moins cho.íìt-on , pour faire le rôle de cru-cifié, un criminel condamné à mort, & à qui on ac-corde la grâce pour l’amour du rôle qu’il doit jouer.C’est Téglilè des Augustins qui sert, pour ainsi dire , desalle de théâtre à ce spectacle tragi-comique. On yvoit, aux pieds sacrés des autels, un vaste échafaudfur lequel est élevée une croix haute de vingt pieds ; decôté & d’autre font dressées des especes de loges pourles dames , les gens de qualité, & pour les premiers dela ville : le reste de i’églife , si l’on veut le parterre, nesuffit pas pour contenir la foule incroyable de peuplequi le presse de toute part pour voir enfin terminer leplus curieux de la feene. II ne commence qu’après laprocession. Cette procession fe fait au son lugubre d’ungrand nombre d’instruments. On y voit d’abord mar-cher les confrères , dits de la Miséricorde, le visagemasqué , les pieds nus , & en habit de la confrérie ;viennent enluite des prisonniers , traînant à leurs pi dsde gros boulets de canon qui y font attachés avec desdraines de fer ; arrivent enfin des religieux Augustinstravestis en Juits , & au milieu d’eux le représentant duSauveur, garroté, couronné a’épines, revêtu d’une robede pourpre. Après lavoir ainsi promené en processionpar toute la ville, les religieux travestis en bourreauxle conduisent au lieu du supplice , armés de clous , demarteaux & des autres instruments de la passion , lefont monter fur l’échafaud , & y montent avec lui.Aussi-tôt ils le dépouillent jufqu’à la chemise , tirent seshabits au fort , & l’étendent enfin fur la croix , où ilslui attachent les pieds & les mains avec des courroies,fous lesquelles font de petites vessies pleines de sang ,qui, percées par les clous , font croire au peuple qu’ona réellement percé les pieds & les mains du crucifié.A cette vue, tout le peuple fe sent les entrailles émues ;&, fe retraçant l’image de son Sauveur , il laisse coulerses larmes. Quelques-uns des plus dévots (è laissenttellement emporter à leur douleur, qu’ils fe frappentrudement la poitrine, & fe la meurtrissent à force decoups.
C. R. Tome ///.
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