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lequel, au premier signal du prêtre , fait voler la têtedu malheureux captif. Le peuple, au même instant,jette un cri d’admiration. On laisse égoutter tout lesang du corps, après quoi on l’emporte. Les hommes,pour l’ordinaire , témoignent, dans ce moment, beau-coup de fermeté; mais les femmes poussent des crisperçants. Les Dahomès font persuadés que c’est à cettebarbare coutume qu’ils font redevables de leurs succès-à la guerre. Ils prétendent que leurs dieux cesseroientde les protéger, s’ils ne leur offroient pas le sang deleurs prisonniers.
32. Dans le royaume de Juida, fur la côte des Es-claves , lorfqu’un nouveau monarque monte fur letrône, quelque temps avant qu’il soit couronné, legrand-prêtre, chargé de tout ce qui concerne le cultedu fameux serpent qu’on adore en ce pays , vientannoncer au prince quelles font les offrandes que cedieu exige. Ce font ordinairement quelques animaux,comme un bœuf, un cheval, un mouton. On immoleces victimes dans le palais ; on les porte ensuite dansla place publique avec beaucoup de cérémonies, &on les étend fur des nattes. Auprès des victimes fontplacés neuf petits pains de millet, frottés d’huile depalmier. Au-dessus, le grand-prêtre étend une piéced’étoffe en forme de pavillon , qu’il attache à un pieude la longueur de neuf ou dix pieds. II est défendu àtoute personne, sous peine de mort, de toucher auxvictimes, qu’on laisse dévorer aux oiseaux de proie.Après que les victimes ont été exposées, on fait sortirdu palais toutes les femmes du roi dont le temps estpassé, & dont l’âge n’est plus propre aux plaisirs. Ellesmarchent au son des tambours, des flûtes & des trom-pettes , escortées d’une compagnie de mousquetaires.La plus distinguée de ces femmes termine ordinaire-ment la marche , & porte une figure de terre cuite ,qui représente un enfant assis. Elle la dépose en pas-sant auprès des victimes. Pendant cette procession defemmes , le peuple, prosterné contre terre , pousse descris de joie ; & , lorfqu’elle est rentrée dans le palais ,on fait une décharge de vingt boîtes.
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