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Tome troisieme.
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porcelaine , qui représente le corps de ceux auxquelíelles ont appartenu.

II se trouve quelquefois des femmes qui , conser-vant encore quelque sentiment d’humanité, ne fontpoint subir la mort à leur prisonnier , & le choisiflent,su contraire , pour suppléer au mari qu'elles ont per-du, pertuadées que la reconnoissance fera un vif aiguil-lon pour l’exciter à bien remplir son devoir. Mais,avant de l’époufer, elles pratiquent une espece decérémonie que l’on nomme enfantement , & qui estune espece d’adoptio.n. Le prisonnier est d’abord me-né à la riviere pour qu’il se purifie. On fait ensuitede grandes lamentations fur le fort du mari défunt,qui font suivies de chansons guerrrieres ; après quoile prisonnier est revêtu d’une robe neuve de castor,qui est comme le gage de son adoption.

4». Chez les Mexicains, ces barbares sacrificesn’étoient ni moins fréquents ni moins inhumains. Lenombre des prisonniers qu’on immoloit à chaque fois,fe montoit ordinairement à quarante-cinq ou cinquante.On les conduisait au pied d’une terrasse couverte decrânes de prisonniers immolés; c’est-là qu’ils atten-doient l’heure de leur supplice, entourés de soldatsqui les empêchoient de s’enfuir, & qui insultaient àleur malheureux fort. Lorsque le moment étoit venu,un prêtre Mexicain s’avançoit vers eux ; & , leur mon-trant une idole faite de froment, de mais & de miel,qu’il tenoit en main: «Voilà votre dieu, » leur di-foit-il. Ces paroles étoientle triste signal de leur sacri-fice. On les fcisoit monter sur la terrasse : on lescouchoit fur le dos , fur une pierre un peu pointue.Plusieurs prêtres leur tenoient les bras, les jambes& la tête , tandis que le sacrificateur leur fendoit l’es-tomac avec son couteau ; en tiroir le coeur qu’il pré-sentoir , en forme d’offrande , à l’idole. Après certehorrible cérémonie, on jettoit le cadavre du haut enbas de la terrasse. Dans certaines fêtes , lorsque les cap-tifs immolés étoient des personnes de quelque dis-tinction , plusieurs Mexicains fe revêtissent de leur peau