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Tome troisieme.
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digne d’un roi. Lorsqu’il m'apparut ainsi, je me pro-menois seul , rêveur, pensif, & la tristesse peinte surle front. Le dieu s’apperçut de mon chagrin, & en com-prit aussi-tôt la cause. Il connut que je déplorois en se-cret l’état de ma fortune, qui me laiffoit exposé auxrigueurs du plus cruel hiver, avec un seul habit bienmince & bien léger , & qui ne me permettoit pas deme procurer ce qui étoit nécessaire pour passer joyeu-sement la fête des Saturnales, tandis que j’étois témoindes grands préparatifs que les autres faisoient aux ap-proches de cette fête. « Eh quoi ! me dit Saturne en«sabordant, vous êtes triste , Chonosolon ! —J’en aisujet, lui répondis-je, vénérable Saturne ; je vois uneinfinité d’hommes vils & corrompus , qui regorgent derichesses, tandis que la pauvreté est mon partage , &celui de plusieurs autres sages dont le fort est aussimalheureux que le mien. Ne détruirez-vous donc ja-mais cette odieuse inégalité , & ne rétablirez-vous pastoutes choses dans Tordre ? — II seroit assez difficile ,me répondit Saturne, de réformer une infinité de cho-ses qui arrivent dans ce monde par Tarrêt immuable desParques. Quant à la pauvreté , j’y puis remédier , dumoins pour le temps de ma fête , & voici comment.Je vous charge de faire des loix.par lesquelles il soitordonné aux riches de faire part de leurs biens aux pau-vres pendant les Saturnales , & de les célébrer encommun avec eux. — Mais, repris-je , je ne fuispoint législateur, & je ne fçais point faire de loix. —-Je vous l’apprendrai, repartit Saturne; & fur le champil commer.ça à me tenir promesse. Lorsqu’il eut achevéde me donner toutes les instruélions nécessaires : Pu-bliez hardiment ces loix, me dit-il; & déclarez auxriches que , s’ils ne les observent pas, ils sentiront quece n’est pas en vain que je fuis armé d une faulx.Ecoutez donc , riches, les loix que je vous propose dela part de Saturne ; & craignez sa vengeance , li vousles violez.

1°. Que personne , pendant le cours des Saturnales ,«e s’applique àquelqu’affaire que ce soit, soit publique ,soit particulicre ; que tout le monde ne songe qu’au jeu