Band 
Tome troisieme.
Seite
489
JPEG-Download
 

-SK[S A 4S9

n’est pas favorable peur un vieillard , & n’est guerespropre à inspirer la joie.

Saturne. Tu me fatigues par tes questions importu-nes , tandis que je ne devrois songer qu’à boire. Voilàdéja une partie considérable de ma fête employée envaines discussions. II est temps d’interrompre lespropos frivoles , pour se mettre à table & pour se ré-jouir.

Le Prêtre. Puisse celui qui n’approuvera pas un pareilavis, avoir toujours soif, & ne jamais boire ! Buvonsdonc; car je fuis pleinement satisfait des éclaircisse-ments que vous m’avez donnés. J’ai même dessein demettre par écrit mes questions , vos réponses, en unmot toute notre conversation , & de la donner à lireà ceux de mes amis qui feront dignes d’une pareilleconfidence.

Ce dialogue est suivi d’une autre piéce qui contientles loix & les cérémonies que l’on devoir observer pen-dant les Saturnales : c'est pourquoi elle est intituléeChronofoìon , c’est-à-dire le Solon ou le législateur desSaturnales.

Chronoso l o n.

Voilà ce que dit Chronofoìon , prêtre de Saturne^intrerprete de ses volontés , & auteur des loix quiconcernent les Saturnales. J’ai déja prescrit aux pau-vres leurs devoirs ; & je ne doute pas qu’ils n’y soientfideles, s’ils veulent éviter les peines décernées con-tre les contrevenants. Aujourd’hui , c’est aux richesque je m’adresse : qu’ils prennent garde de négliger lesordres que je vais leur donner. Saturne, au nom duquelje parle , ne laisseroit pas leur désobéissance impunie.J’ai vu dernièrement ce dieu , non pas en songe nipendant les ténèbres, mais en plein jour, & étant éveillé.11 ne m’a pas paru chargé de chaînes , ni dans cet étatmisérable que les peintres lui prêtent dans leurs ta-bleaux , d’après les fables absurdes de ces radoteurs depoètes. II tenoit en main une faulx très-aiguë , avoir leyisege gai, l’air vigoureux & sein ; &. son équipage étoit