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II dit que des gens, qui n’avoient jamais entendu par-ler de la guerre, se trouvèrent pourtant fort vaillantscontre les pierres de ce temple , & principalement con-tre les riches offrandes dont il étoit plein ; que dans ceslieux on y plaça des moines, gens infâmes & inutiles ,qui, pourvu qu’ils eussent un habit noir & mal-propre ,prenoient une autorité tyrannique fur l’efprit des peu-ples , & que ces moines, au lieu des dieux que l’onvoyoit parles lumières de la raison, donnoient à adorerdes têtes de brigands punis pour leurs crimes, qu’on avoirsalées, afin de les conserver. C’est ainsi que cet impie"traite les moines & les reliques. 11 falloit que la licencefût encore bien grande, du temps qu’on écrivoit depareilles choses fur la religion des empereurs.
Ruffin nous marque qu’on trouva le temple de Sé-rapis tout plein de chemins couverts, & de machinesdiíposées pour les fourberies des prêtres. II nous ap-prend., entr’autres choses , qu’il y avoit, à l’orient dutemple, une petite fenêtre par où entroit, à certainjour , un rayon de soleil qui alloit donner sur la bou-che de Sérapis. Dans le même temps, on apportoitun simulacre du soleil, qui étoit de fer, & qui, étantattiré par de l’aimant caché dans la voûte , s’élevoitvers Sérapis. Alors on difoit que le Soleil saluoit cedieu ; mais, quand le simulacre de fer retomboit, &que le rayon se retiroit de dessus la bouche de Sérapis,le Soleil lui avoir assez fait fa cour , & il alloit à ses af-faires *.
Sérapis fut aussi honoré chez les Grecs & chez lesRomains. II avoit un temple à Rome dans le cirquede Flaminius; mais les abus que le culte de ce dieu oc-casionna porterent le/énat à l’abolir.
SERMENT : acte de religion par lequel on prenddieu à témoin de la vérité de quelqu’affirmation.
« i. Les Israélites, dit M. Fleury, étoient fort reli-gieux à observer leurs serments. .. . Josué garda la pro-messe qu’il avoit faite aux Gabaonites, quoiqu’esse fûtfondée fur une tromperie manifeste , parce qu’il leur
*FontenelU, Histoire des Oracles.