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Tome troisieme.
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ride , que souvent ils ont préféré d’être condamnés parles juges, plutôt que d’empioyer le serment pour prou-ver leur innocence. Cependant, lorsqu’une indispensa-b e nécessité les contraint d’en venir à une extrémitéíì honteuse pour leur probité, ils étendent les mainsfur une vache, animal sacré parmi eux , & se serventde cette formule : « Je consens qu’il m’arrive de me« nourrir de la chair de cet animal respectable, si, &c. »Tel est leur serment le plus solemnel.

10 . Dans le royaume de Décan, on emploie uneforme de serment bien différente. Ceux qui doiventjurer se placent au milieu d’un tas de cendres dont ilsse jettent quelques poignées fur la tête. En faisant cettecérémonie , ils prononcent leur serment, & se croientengagés par-là de la maniéré la plus sacrée & la plusinviolable-

i >. Dans rifle de Ceylan , les serments solemnels sesont ordinairement dans les temples, à la face des dieux.Les habitants , dans leurs conversations , mêlent sou-vent, comme nous, plusieurs formules de serments,où l’habitude a plus de part que la bonne foi. Ils jurentpar leur pere & mere, & par leurs enfants ; serment fortordinaire aux anciens. 11s jurent austì, quelquefois parleurs yeux, & plus souvint par leurs divinités. Dans cepays , lorsqu’un homme est accusé d’avoir commis unvol, & que les preuves ne font pas suffisantes, on l'ad-met à se purger par le serment ; & voici en quoi con-siste la cérémonie. L’accusé amene , devant le tribunaldes juges, ses enfants, ou , s’il n’en a point, quelques-uns de ses plus proches parents. II leur met des pierresfur la tête, en proférant cette imprécation : Si je fuiscoupable du crime dont on m’accufe, puissent mes en-fants ou mes parents ne vivre qu’autant de jours queje leur mets de pierres fur la tête !... « Après le fer-» ment, dit Ribeyro, les parties font mises hors de» cour ; & chacun paye la moitié des frais. On est» persuadé que ce serment a tant de force, que, si l’on« jure faux, les enfants ou les parents meurent dans» le temps précis ; fk l’on juge par-là de la vérité ou» de la fausseté du serment que le voleur a fait, »