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Tome troisieme.
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ir. Pendant le cours de la derniere lune ou dudernier mois de Tannée, les principaux seigneurs duroyaume de Tonquin renouvellent au roi le sermentde fidélité. La cérémonie se fait ordinairement dans untemple. On égorge un poulet, dont on fait couler lesang dans un bassin rempli dune espece de liqueurqu’ils nomment arak, & qui a du rapport avec notreeau-de-vie. Chacun des seigneurs, après avoir juré lafidélité au roi, boit un coup de cette liqueur, pour con-firmer son serment. On ne dit pas par quelle raison leroi de Tonquin choisit, pour cette cérémonie, un jourregardé dans le pays comme malheureux.

13. Les Palans, peuples de TIndc, & fur lesquelsles Mogols ont fait la conquête de Tlndostan , conser-vent une haine mortelle contre les usurpateurs de leurpays, &L se flattent de le recouvrer un jour. La plupartont continuellement à la bouche cette formule de ler-ment : « Que je ne puisse jamais être roi de Delhi, si» cela n’est ainsi ! »

14. Lorsque les idolâtres des isses Molucques veu-lent s’engager inviolablement, ils mettent de Tor, dela terre fk une balle de plomb dans une écuelle rem-plie d’eau. Ils boivent de cette eau, après y avoirtrempé la pointe d’une épée ou d’une fléché. Telle estla forme du serment le plus solemnel.

15. Chez les Tartares Ostiakes, la solemnité daserment consiste à jurer sur plusieurs sortes d’armes.Ces peuples sont persuadés que le parjure ne manquepas de périr par quelqu’une de ces armes qui ont reçuson serment.

Ils observent encore une autre cérémonie propre àmaintenir la sainteté du serment. On étend par terreune peau d’ours fur laquelle on met une hache & uncouteau ; puis on présente un morceau de pain à celuiqui doit jurer. Avant de le porter à sa bouche , il pro-nonce son serment, qu’il termine par ces paroles :« Que je sois étouffé par ce morceau de pain ; que cet» ours me dévore, & que ma tête soit tranchée par» cette hache, si je fuis jamais mfidele à mes engage-» ments ! 11 En certaines occasions, les mêmes peuples