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» est possible! >» Mais ces sortes d’imprécations ne fontsouvent que de vaines paroles fur lesquelles il n estpas sûr de compter. Plusieurs, après avoir reçu l’ar-gent, s’embarassent peu de donner le secours promis.11s pensent que le prêtre , en la présence duquel ilscontractent rengagement , peut les exempter de l’o-bligation qu’ils s’imposent, comme il peut les punirs’ils y manquent. Mais lesNegres, devenus sages &défiants parl’expérience, avant de faire aucun accord,font toujours boire au prêtre la liqueur du serment,& veulent qu’il s’engage par serment à ne jamais dis-penser aucune des parties de l’obligation qu’elle con-tracte ; mais, dans ce cas-là même, le prêtre rusé trou-ve ordinairement quelque prétexte pour violer son ser-ment.
Ces peuples ont encore une autre maniéré plus so-lemnelle & plus superstitieuse de prêter leurs serments.Les parties se rendent devant l’idole particulière d’unprêtre de la nation. Devant cette idole est un tonneauplein de toute sorte d’ordures mêlées ensemble, tellesque de la terre, du sang, des cheveux, des os d’hommes& d’animaui, des plumes & de l’huile. Celui qui doitjurer se place devant l’idole; &, l’appellant par sonnom , il lui fait un détail de la chose à laquelle il s’en-gage , & lui demande qu’elle le punisse s’il est par-jure. II tourne ensuite autour du tonneau; &, repre-nant la même place qu’il avoir occupée , il réitéré lamême formule de serment; après quoi, il fait encoreun second tour, & répete pour la troisième fois lemême serment. Le prêtre lui frotte ensuite la tête ,le ventre , les bras & les jambes , avec quelqu’un desingrédients pris dans le tonneau , qu’il tient ensuitesuspendu sur sa tête , &. qu’il tourne trois sois. II luicoupe encore les ongles à un doigt de chaque main& de chaque pied, avec un toupet de cheveux. IIjette ces excréments dans le tonneau , & termine ainsicette bizarre cérémonie.
SERMON : discours chrétien , prononcé en chairedans une église , pour instruire le peuple des mys-tères de la foi & des vertus morales.
i. Dans