E R]v$V ^4;
r. Dans la primitive Eglise, toutes les fois que l’é-vêque offroit le saint sacrifice, il avoir coutume defaire un sermon au peuple , après la lecture de l’E-criture sainte. Ce sermon n’étoit communément que^explication de ce qui avoir été lu ; c’est ce que nousappelions Homélies. ( Voye^ cet article . ) « Nos pré-dicateurs, dit M. Fleury , trouvent la plupart dessermons des Peres bien éloignés de l’idée de prédi-cation qu’ils se font formée. Ils font simples, fansart qui paroisse, sans division , fans raisonnementssubtils, fans érudition curieuse , quelques-uns fansmouvements, la plupart fort courts. Il est vrai queces saints évêques ne prétendoient point être orateurs,ni faire des harangues. Ils prétendoient parler fami-lièrement , comme des peres à leurs enfants, & desmaîtres à leurs disciples. Ils cherchoient à instruire enexpliquant l’Écriture, non par la critique & parlesrecherches curieuses, comme les grammairiens expli-quoient Homere ou Virgile dans les écoles , maispar la tradition des Peres, pour la confirmation dela foi & la correction des mœurs. Ils cherchoient àémouvoir, non pas tant par la véhémence des fi-gures & l’effort de la déclamation , que par la grandeurdes vérités qu’ils prêchèrent; par l’autorité de leurscharges, leur sainteté personnelle, leur charité. Sou-vent ils parloient furie champ, comme il paroît parS. Augustin , qui traitoit quelquefois un autre sujet quecelui qu’il s’étoit proposé ; mais ils ne manquoient pasde copistes pour recueillir leurs sermons par l’art desnotes.
« Ils proportionnoient leur style à la portée de leursauditeurs. Les sermons de S. Augustin font les plussimples de ses ouvrages : le style en est bien pluscoupé & plus facile que celui de ses lettres, parcequ’il prêchoit dans une petite ville, à des mariniers,des laboureurs, des marchands. Au contraire , S. Cy-prien, S. Ambroise, S. Léon, qui prêchoient dansde grandes villes, parlent avec plus de pompe & avecplus d’ornements; mais leurs styles font différents,suivant leur génie particulier & le goût de leurs siécles.
C.R .Tome III. M m