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Tome troisieme.
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fetes , on portoit un serpent enfermé dans un coffre.

3. Le serpent n’étoit pas moins en honneur chez lesGrecs & chez les Romains. Dans Epidaure , ville deCrete , on rendort à ce reptile un culte particulier. LesAthéniens en confervoient toujours un en vie , commele protestent de leur ville. On attribua aux serpents unevertu prophétique. On observoit religieusement la sor-tie , la rentrée, les plis , les allées & venues de cesanimaux , comme des signes de la volonté des dieux.On voit, dans l'Enéide , qu’Anchise, devenu dieu , necroit pouvoir mieux marquer à son fils combien fa piété& ses sacrifices lui font agréables, qu’en envoyant ungrand serpent qui goûte aux oblations mortuaires , &qui se renferme ensuite dans son tombeau. Ce sontdeux serpents qui annoncent devant Troye la colerede Minerve , & se retirent sous son calque après lamort de Laocoon. On avoit tant de foi aux serpents &à leurs prophéties, qu’on en nourriffoit exprès pour cetemploi ; & , en les rendant familiers , on étoit à portéedes prophètes & des prédictions.

Près de Lavinium , il y avoit un bois sacré où l’onnourriffoit des serpents. De jeunes filles étoient char-gées de leur faire des gâteaux de farine & de miel, &de les leur porter. Si l’un de ces serpents ne mangeoitpas son gâteau avec un certain appétit, ou s’il parois-soit languissant & malade après savoir mangé , c’étoitune preuve que celle qui avoit fait ce gâteau avoitperdu sa virginité.

Les Romains firent venir d’Epidaure un serpent qu’ilsprirent pour Esculape, dieu de la médecine, & au-quel i's donnerent une place dans leur Panthéon. Voye{Esculape.

4. Le culte des serpents étoit autrefois établi chez lespeup'es de Lhhuanie , d’Estonie , de Livonie , dePrusse , de Courlande & de Samogitie. On leur pré-paroit un repas, & des enchanteurs les invitoient àvenir faire honneur au festin. Si les serpents sortoíencde leurs retraites , & venoient manger les mets qu’onleur offroit, la joie étoit universelle , & chacun ne sepromettoit que du bonheur; mais û les serpents ré-

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