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sistoient à tous les charmes &i à toutes les prières, &s’obstinoient à ne point se montrer , c’étoit un présagetrès-fàcheux. Les paysans de la Lithuanie , de laSamo-gitie & de la Livonie conservent encore aujourd’huiquelques traces de cette superstition. Les Russes n’enont pas été exempts. Oléarius rapporte que, voya-geant avec quelques Russes, ses compagnons de voya-ge , à l’aspect de deux couleuvres rouges, témoignè-rent une grande joie , disant que c’étoit un heureuxprésage que leur envoyoit S. Nicolas. Les paysans desenvirons de Wilna , en Lithuanie , rendoient encore ,dans le seizieme siécle , une espece de culte religieuxaux serpents. Hartknoch , auteur Allemand , dit que lespaysans Lithuaniens avoient coutume de nourrir dansleurs maisons, des serpents , desquels ils faisoient dé-pendre la prospérité de leur famille. Les paysans deLivonie regardent ces reptiles comme les dieux tuté!ai-res de leurs troupeaux, & leur présentent du lait, enmaniéré d’offrande.
5. Les serpents & les couleuvres font en grande vé-nération chez les Indiens , qui regardent ces reptilescomme autant de génies. <1 Quand ils trouvent des cou-leuvres dans leurs maisons , dit le voyageur Dellon ,ils les prient d’abord très-respectueusement de sortir.Si les prières n’ont point d’effet, ils tâchent de les at-tirer dehors , en leur présentant du lait ou autre chose ,sans jamais employer la violence. Si la couleuvre s’obs-tine à rester, on appelle les Bramines , qui, avec toutel’éloquence dont ils sont capables, lui représentent lesmotifs qui doivent l’engager à avoir des égards pour lamaison où elle est venue. »
Plusieurs Indiens poussent la superstition jusqu’à por-ter exprès dans les bois & auprès des buissons , du lait& autre chose pour l’entretien de ces reptiles.
6. 11 y a, dans l’isle de Ceylan , une espece de ser-pent que les habitants nomment Cobra-de-Capello , &pour lequel ils ont une grande vénération. 11s rappel-lent le roi des serpents , & évitent avec grand soin delui faire aucun mal. Us sont persuadés que, si quelqu’unavoit l’audace de tuer un de ces serpents, les autres