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Tome troisieme.
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trois livres, après avoir refusé pour neuf la mêmesomme. Ces trois livres furent enfermés dans un coffrede pierre, & conservés précieufemnt dans le Capitole.On en confia la garde à deux magistrats nommés Duurn-vin. Ces pontifes avoient seuls le droit de lire dans ceslivres. Lorsque les Romains étoient affligés de quelquecalamité, ils les ouvroient pour y chercher les moyensd’appaiser le courroux céleste. Le Capitole ayant étébrûlé du temps deSylla, quatre-vingt-trois ans'avantJesus-Christ, les trois livres de la Sibylle périrent danscet incendie. Pour suppléer à cette perte , le sénat en-voya des ambassadeurs en Grece & en Asie, chargésde recueillir tous les oracles des Sibylles qu’ils pour-roient trouver. Ces ambassadeurs rapportèrent à Romeenviron un millier de vers prophétiques, lesquels, aprèsavoir été revus & examinés , furent enfermés dans leCapitole qu’on a volt rebâti.

Pierre Petit, médecin de la faculté , a composé surles Sibylles une dissertation sçavante & curieuse danslaquelle il fait main-basse fur toutes ces Sibylles dontnous avons rapporté les noms d’après l’opinion com-mune. Il les réduit toutes à une feule. Selon lui, laplûpart des auteurs ont pris les différents noms d’unefeule Sibylle pour autant de Sibylles distinguées , quoi-qu’en effet il n’y en eût jamais eu qu’une teule. II pré-tend que cette Sibylle unique étoit Grecque , fondé furce que tous les oracles attribués aux Sibylles font écritsen grec. II prouve qu’elle étoit née à Erythrée , ville del’Afie mineure ; que son véritable nom étoit Hérophile ;& que tous les autres noms, qui ont causé Terreur detant d’historiens, lui avoient été donnés , à cause desfréquents voyages qu’elle fit dans les différentes partiesdu monde : il ajoute qu’elle mourut a Cumes en Italie.

SIBYLLINS. ( livres ) Nous avons un recueil devers grecs, divisé en huit livres , que Ton a autrefois at-tribué aux Sibylles. On y trouve les prédictions les plusclaires fur Jesus-Christ. La résurrection, le jugementdernier, l’enfer y sont désignés d’une maniéré si ex-presse , qu’il n’y a pas lieu de douter qu’un pareil ou-vrage n’ait été supposé par quelques Chrétiens zélés j