Band 
Tome troisieme.
Seite
561
JPEG-Download
 

S I B ;6l

plusieurs de ses vers prophétiques , qu’il a inférés dansson Iliade. La deuxieme est la Sibylle Erythrée. La troi-sième est la Sibylle CiminèrUnnc , ainsi appellée , parcsqu’eile d meuroit à Cimmérie , petit canton de l’Italie.La quatrième est connue sous le nom de Curnane, paresqu’eile rendoit ses oracles à Cumes en Italie. La cin-quième habitoit dans l’iste de Samos. Eufebe la nommeEuryphi'.e ; & Solin , Eryih-ee. On prétend qu’elle vi-voit fous le régné de Numa Pompilius. La sixième,née au bourg de Marpene dans l’Hellespont, é.oit ap-pellée H llefponiique. La septieme , dite Fille de Jupi-ter & de Lamia , rélido t dans la Lybie , d’où elle sutnommée Lybienne. La huitième, appellée Perfique ,étoit fille de i’historien Bérose, si l'on en croit S. Justinmartyr. D’autres prétendent qu’elle étoit Juive, & luidonnent le nom de Sambetha. Dans les vers Sibyllins ,elle lé qualifie Bru de Noé. On dit qu’elle laissa vingt-quatres livres de prophéties, parmi lesquelles il y enavoit qui annonçoient le Messie. La neuvieme faisoitson séjour à Ancyre : elle étoit connue sous le nomde Phrygienne. La dixieme , nommée la Tiburtìne , ouHalo unie y rendoit ses oracles à Tibur , ou Tivoli, suc,le Téveron , & fut adorée comme une divinité.

Entre ces dix Sibylles , on distingue particulièrementcelle de Cumes. On dit que, dans fa jeunesse, elle ins-pira de l’amour à Apollon ; mais qu’elle ne voulut ac-corder ses faveurs à ce dieu , qu’à condition qu’elle vi-vroit autant d’années qu’elle pourroit tenir de grainsde fable dans la main. On lit, dans l’Histoire Romaine ,que cette même Sybille vint présenter à Tarquin leSuperbe neuf livres de prédissions, & lui en demandacent écus. Le roi trouva la somme exorbitante , & nelui témoigna que du mépris pour ses livres : alors elleen jet'a trois dans le feu, & lui demanda encore lamême somme pour les six qui restoient. Tarquin ne fitque rire de sa proposition. La Sibylle, sans lui répon-dre, brûla trois autres livres , & lui offrit encore les troisderniers pour cent écus. Alors Tarquin, surpris de laconduite de la Sibylle, ne put se défendre d’un mou-vement de superstition. 11 donna cent écus pour cesC. R. Tome 1U S N n