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les jours du jus délicieux de son cher nourriçon. Mal-gré sa vieillesse , il faisoit les délices des bergers & desbergeres du canton , qui épioient avec foin les occa-sions de 1 entendre chanter. On lit dans la sixième Eglo-gue de Virgile, que deux jeunes bergers le surprirentun jour couché dans fa grotte, enivré des douces fuméesdu vin qu’il avoit bu la veille, selon sa coutume. Sacouronne, tombée de dessus fa tête, étoit à terre loinde lui. Une large coupe, dont l’anse étoit usée, pen-doit à sa ceinture. Charmés de tenir le vieillard , quiles avoit souvent trompés par de vaines promesses , ilsforment des liens avec fa couronne, & l’enchaînentd’une main tremblante. Eglé survient, Eglé, la plus belledes Naïades. Elle se met de la partie ; &, dans le mo-ment que le vieillard ouvroit les yeux, elle lui barbouillele visage avec du jus de mûres. Silene rit de la sur-prise. « Pourquoi ces chaînes , leur dit-il ? Déliez-moi,» mes enfants :vousallez entendre les chansons que vous» desirez; je chanterai pour vous deux; Eglé mérite» une autre récompense. » II commence auffi-tôt àchanter. Alots vous eussiez vu les Faunes & les animauxmême sauter d’alégresse ; les chênes les plus durs agiterleur cime en cadence. Jamais le rocher du Parnassen’entendit avec tant de joie les chants d’Apollon. Ja-mais le Rhodope & l’Ismare ne furent si émus des douxaccents d’Orphée ; car ilchantoit comme autrefois, &c...
SILENES. Ce nom se donnoit aux Satyres, lors-qu’ils étoient vieux. On désignoit aussi par le nom deSilènes des génies familiers, tels que celui de Socrate.
SILVAlN, du latin filva., forêt: divinité champêtre,honorée chez les anciens payens, laquelle présidoit auxforêts, aux troupeaux, aux bornes des terres. QuelquesMythologistes distinguent trois Sil vains. Le premier étoitun dieu tutélaire & domestique, le même que le dieuLare; le second étoit un dieu champêtre, le mêmeque Faune; & le troisième présidoit aux bornes deschamps, & n'étoit pas distingué du dieu Terme. Quoiqu’il en soit, les Romains honoroient le dieu Silvaind’un culte particulier, parce qulls étoient persuadésqu’il étoit né en Italie, A qu’il avoit appris aux habi~
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