Band 
Tome troisieme.
Seite
568
JPEG-Download
 

568 ^{S I M]v^

* « Voici le système que Simon substituoit à ládoctrine des apôtres, & comment il croyoit prévenirî> les difficultés qu’on pouvoir lui opposer. La philo-« sophie Platonicienne étoit alors fort en vogue dansy> l’Orient. Ce n’étoit point, à proprement parler,j» le système de Platon , quin’en avoit peut-être point« eu; c’étoit le fond du sentiment, qui reconnaît dans« le monde un Esprit éternel & infini par lequel tout« existe. Les Platoniciens ne croyoient pas que cet« Esprit eût produit immédiatement le monde que nous»» habitons. 11s imaginaient, entre l’Etre suprême» & les productions de la terre, une longue chaîne» d’esprits ou de génies, par le moyen desquels ilss» expliquoient tous les phénomènes. Comme ces gé-j> nies n’avoient pas une puissance infinie , on avoit cru» pouvoir résister à leurs efforts par des secrets ou3) par des enchantements ; Sí la magie s’étoit incor-3> porée avec ce système, qui, comme on le volt,3> étoit absolument arbitraire dans les détails.

» Ce fut ce système que Simon adopta, & qu’il3) tâcha de rendre sensible au peuple. II supposoit une3> Intelligence suprême dont la fécondité avoit produit3 > une infinité d’autres puissances, avec des proprié-3r tés différentes à l’infini. Simon se donna, parmi cesj> puissances , la place la plus distinguée ; & bâtit fur» cette supposition tout son système théologique , des-3> tiné à expliquer au peuple la naissance du péché dans3) le monde, l’origine du mal, le rétablissement de l’or-3> dre, & la rédemption des hommes. Simon ne nioit» pas ces dogmes ; mais il prétendait qu’ils les ex-3> pliquoient mal. Voici donc quel étoit son système,» dont le fonds a servi de canevas à plusieurs des hé^» rétiques des trois premiers siécles.

Syjlêmt dc Simon.

3 » Je fuis , disoit Simon , la parole de Dieu;

* Mémoires pour servir à Vhistoire ies égarements de l'es»prit humain par rapport à la Religion Chrétienne •