^SK[S O L]^ ;8r
à proprement parler , qu’une vaste grotte taillée dansle roc. Sa forme est ovale. Sa longueur est de deuxcènes pieds , & fa hauteur de six-vingts : elle reçoit lejour par un trou fait au milieu de la voûte. Cette grotteest si sacrée, qu’il n’est pas permis au peuple d’y en-trer. Les dévots remettent leurs offrandes aux prêtres,qui les suspendent à des perches à 1 entrée de la grotte.On ne fait point au soleil de sacrifices sanglants. Onne croit pas qu’ils puiffent être agréables à cet être vi-vifiant & conservateur. Le culte religieux qu’on luirend, consiste particulièrement à chanter ses louanges ,à jetter en son honneur des parfums dans un grand feuallumé devant la grotte. Voici la cérémonie la plus re-marquable de cette fête. Le prêtre verse du miel dansune pierre creuse, placée devant une table de pierre.II répand à l’entour une certaine quantité de maïs pourservir de nourriture à des oiseaux consacrés au soleil ,ik qui, suivant les Floridiens, chantent les louangesde cet astre. Ces oiseaux, nommés ionatçulis , fontapportés exprès dans des cages, pour servir à la folem-nité de la fête. Vers l’heure de midi, lorsque les rayonsdu soleil commencent à tomber sur la table de pierre,les prêtres achevent de brûler leur parfums ; puis, par lemoyen du fort, fix d’entr’eux font choisis pour ouvrirla cage, & délivrer six oiseaux du soleil, auxquels onlaisse prendre 1 essor.
Le Paraousti, ou chefdesFloridiens, étant fur le pointde partir pour la guerre , rassemble ses soldats dans uneplaine ; &, se plaçant au milieu d’eux, le visage tournévers le soleil, il adresse à cet astre une pierre pathéti-que, dans laquelle il lui demande la victoire fur ses en-nemis. II prend ensuite une écuelle de bois pleine d’eau ;&, vomissant mille imprécations contre l’ennemi, il jettel’eau en l’air, de maniéré que la plus grande partie re-tombe fur les guerriers'qui l’environnent : « Ainsi,» dit-il, puissiez-vous verser le sang de vos ennemis ! >,11 remplit une seconde fois son écuelle, &í la renversesur le feu, qui est allumé exprès à côté de lui, en di-sant : a Puissiez-vous détruire nos ennemis aussi promp-ts tentent que j’éteins ce feu ! »
O o iij