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vint enceinte par la vertu du soleil. Confuse de l’étatoù elle se trouvoit, cette vierge alla cacher sa hontedans une épaisse forêt. Etant fur le bord d’un lac, ellemit au monde un enfant d’une beauté ravissante, fansavoir éprouvé les douleurs ordinaires de l’enfantement.Me pouvant nourrir son enfant, faute de lait, & nevoulant pas avoir la douleur de le voir expirer fousses yeux, elle s’avança dans le lac , & le plaça fur lebouton d’une fleur qui lui ouvrit ausiî-tot son sein,& lereferma dès qu’elle eut reçu ce précieux dépôt. Cettefleur , dont on ne dit pas le nom , est, depuis ce temps ,en grande vénération parmi les Talapoins. II eut pres-que n naissant la science infuse, & posséda, dans le de-gré le plus éminent, non-seulement toutes les connois-íances humaines, mais encore plusieurs autres plus su-blimes & réservées à la divinité. 11 étonna ses contem-porains par l’éclat de ses vertus ; &, dans tous les corpsqu’il habita , que l’on fait monter au nombre de cinqcents cinquante, il fut toujours un modele de sainteté& de pénitence. Soit qu’il fût homme ou bête, il paruttoujours le meilleur & le plus parfait dans son espece.Etant roi, il se dévoua souvent pour le salut de fessujets, & leur sacrifia sa vie. Dans d’autres occasions,il donna des exemples illustres de désintéressement, depatience, de mortification & de charité.
Le P. Tachard rapporte que Sommona-Codom sereposant un jour sous un arbre, qui depuis est regardé,par les Siamois, comme sacré, il descendit des cieuxune multitude d’anges qui se prosternerent devant lesaint, & lui rendirent leurs hommages. Nous appre-nons encore de ce Jésuite, que le charitable Sommona-Codom , voyant des animaux tourmentés d’une faimdévorante, leur donna fa chair à manger. Un jour ildonna tous ses biens ; pour être moins distrait parles objets extérieurs, il s’arracha les yeux. Sa patienceétoìt si grande, qu’un Bramine , s’étant saisi de sa femme& de ses enfants , il leur fit subir, en sa présence , diverssupplices, fans que le saint s’opposât, en quelque ma-niéré , à cette violence. II poussa une fois la charité H