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tous les Engangas du royaume pour avoir quelqueslumières fur ce point.
8. Le chef des Jagas, peuple sauvage & belliqueuxde la côte occidentale d’Atrique , a coutume de con-sulter le diable , qu’il appelle Mokijso , lorsqu’il est surle point de livrer bataille, ou de tenter quelque nou-vel e entreprise. Le détail de cette cérémonie magiquenous a été transmis par un Anglois , nommé Batd tqui a demeuré quelque temps parmi ces peuples. II ditl’avoir appris fur le rapport de quelques Jagas ; car iln’en a jamais été témoin lui-même. On le faisoit toujoursretirer auparavant, parce que les sorciers disoient quele diable n’aimoit pas fa présence. C’étoit ordinairementde grand matin, avant le lever du soleil, que com-rnençoit cette infernale cérémonie. Le grand J aga étoitastis sur une sellette : deux sorciers étoient à ses côtés.II étoit environné d’une cinquantaine de femmes quifaisoient voltiger , en chantant, des queues de zebreou de cheval, quelles tenoienten main. Un grand feuétoit allumé au milieu de ce cercle de femmes ; onmettoit fur la flamme un pot de terre rempli de pou-dre blanche, ou de quelqu’autre couleur. Les sorciersteignoient avec ces poudres le front, les tempes , l’es-tomac & le ventre du chef des Jagas. 11s mêloient àcette formalité plusieurs termes & des cérémonies très-longues qui duroient jufqu’au coucher du soleil. Aprèsquoi, ils mettoient dans la main du grand Jaga fa hached’armes , appellée cattngola , l’exhortant à ne faireaucun quartier à ses ennemis , parce qu’il étoit assuréde la protection de son Mokisso. D’horribles cruautésterminoient cette consultation diabolique. Le grandJaga tuoit de sa propre main trois hommes qu’on luiamenoit ; & il en faisoit tuer deux hors du camp. Onimmoloit auflì cinq chevres & autant de chiens ; un pa-reil nombre de vaches étoient égorgées au dedans &au dehors du camp. On arrosoir le feu avec le sang deces animaux , & leur chair servoit pour le festin. Lesautres chefs de la nation des Jagas faisoient auffi quel-quefois cette cérémonie. Ils prétendent tous avoir unMokisso ou un diable qui les protégé, qui souvent