606 -^[S P I]^*W
à laquelle son penchant le poitoit ; mais il dirigea par-ticulièrement ses spéculations du côté de la religion. 11accabloir, chaque jour , ses rabbins d objections , aux-quelles ils ce pouvoient donner aucune solution satisfai-sante. Par-là il leur devint odieux ; & ils le regardè-rent comme un novateur du Judaïsme. On prétendmême qu’ils recoururent à des moyens violents pours’en défaire. Spinosa, sortant un jour de la comédie,reçut un coup de couteau d’un Juif, qui étoit proba-blement un émissaire des rabbins. Cette aventure dé-termina Spinosa à renoncer ouvertement à la religionJudaïque; mais il ne songea point à en embrasser d’au-tre. Persuadé que toutes les religions étoient fausses fiterronées, il crut qu’il en trouveroit une meilleure parle secours de la philosophie ; mais ses vaines médita-tions ne servirent qu’à prouver combien l’espnt humainest foible , fit sujet à s’égarer lorsqu’iì est abandonné àlui-même. Spinosa , avec des talents supérieurs fit desconnoissances peu communes, tomba dans Terreur laplus pitoyable & la plus absurde. 11 s imagina que Dieun’étoit autre chose que cette vertu de la nature répan-due dans tous les êtres. II soutint qu’il n’y avoit pointd’autre D eu que la nature, c’est-à-dire qu’il n’y enavoit point du tout, fit enseigna ouvertement l’athéïs-me. Son livre le plus fameux est intitulé Traflatus theo-logìco-polhïcus. 11 fut imprimé à Amsterdam, en 1670 .Spinosa semble s’être proposé pour but, dans ce livre,de sapper les fondements de toutes les religions , parti-culièrement du Christianisme fit du Judaïsme. 11 prétendque toutes les religions font des inventions politiques ,introduites par les législateurs pour maintenir Tordre fitla société, fit contenir les peuples dans le devoir par unfrein plus puissant encore que celui des loix. Les Etatsde Hollande ont condamné, par un décret public , lesœuvres de Spinosa ; ce qui n’empêche pas qu’elles nese vendent publiquement. Ce philosophe étoit extrê-mement sédentaire. II demeuroit quelquefois dans fachambre trois mois de fuite fans sortir ; mais les fré-quentes visites qu’il recevoit prévenoient Tennui qu’eûtpu lui causer une û longue retraite. II fut,de son temps,