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Tome troisieme.
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amoureux. EUë , de son côté, les regarda assez tendre-ment. Ce fut de ces regards mutuels que naquit Su-perbennia. Les tisserands, qui le regardoient, avec quel-que raison , comme leur fils, se chargèrent de son édu-cation , &l s'en acquittèrent avec tant de succès, que,lorsqu’il fut grand , Ixora , charmé de son esprit, ne fitpoint difficulté de l’adopter. Superbennia étoit fortagile, & aimoit les exercices du corps. II se promenoirsouvent monté sur un paon dont Ixora lui avoit fait. présent. Son srere Quenavati n’étoit pas, à beaucoupprès , íì alerte : fa monture n’étoit pas si avantageuse ;car il n’en avoit point d’autre qu une souris ; mais, enrécompense, il étoit beaucoup plus rusé : en voici unepreuse. Ixora, leur pere , ayant promis de donner unebelle figue à celui des deux qui feroit plus prompte-ment le tour de la montagne de Calaja, Superbenniapartit comme un éclair, monte fur son paon, & se pro-metteur bien de se régaler de la figue; mais Quena-vati , laissant son srere prendre le devant, alla par pro-vision manger la figue , qui étoit exposée à l’entréede la carrière, comme le prix du vainqueur. Super-bennia, après avoir achevé fa course, sut très-surprisde ne plus trouver de figue. II entra dans une furieusecolere contre son srere; & il fallut qu’Ixora, pourïappaiser, lui donnât une autre figue.

SUPERSTITION. On comprend sous ce nom toutefausse dévotion, tout culte vain, mal dirigé, malen-tendu ; toute opinion de Dieu peu convenable à lamajesté de cet Etre suprême ; en un mot, toutes lesfoiblesses, tous les travers de l’esprit humain , dont lareligion est l’objet ou le prétexte. Dans ce sens, onpourroit ranger fous le titre de Superstition les troisquarts de cet ouvrage , qui est un répertoire des plusamples de toutes les folies humaines, en matière dereligion. Qu’est-ce, en effet, que la religion des an-ciens payens &des idolâtres modernes ? Qu’est-ce quele Judaïsme, le Mahometisme dont nous détaillons lespratiques & les cérémonies , sinon un amas monstrueuxde superstitions extravagantes ? Combien n’en trouve-t-on pas même dans les descriptions des cérémonies