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dépouilloit des habits propres à son sexe, & prencitceux des femmes. Dans ce déguisement, qui eût dûle rendre abject & méprisable, il devenoit un objet devénération aux yeux du peuple superstitieux. On leregardoit comme inspiré , & il s’enrichifloit à faire desprédictions.
Ces peuples regardoient comme un crime de cra-cher dans un fleuve, d’y satisfaire aux besoins naturels,& de s’y baigner. 11 ne leur étoit pas permis d’y jetterles corps morts. Bien différents des Indiens & d*.s au-tres peuples qui croient la Métempsycose, ils fe fai-soient un point de religion de détruire les insectes &tous les reptiles venimeux.
6- Les Gaulois , devenus idolâtres , attribuèrent unedivinité aux lacs, aux rivières & aux fontaines. Ilscroyoient que c’étoit un sacrilege de pêcher dans leurseaux ou de les dessécher. Ils jettoient, par dévotion ,dans ces lacs, de l’or, de l’argent, des étoffes pré-cieuses : tel étoit le fameux lac de Toulouse, dans le-quel on trouva une prodigieuse quantité de lingots d’oròí d’argent.
11 y avoit un lac dans la partie des Gaules voisine del’Océan, que l’on appelloit Deux-Corbeaux , parce quedeux corbeaux, dont l’aile étoit blanchâtre, y fai-soient leur séjour. Quand il survenois quelque disputeentre les habitants du pays, les parties se rendoient sur lebord du lac , & mettoient, chacun séparément sur unemême planche , certains gâteaux. Les corbeaux man-geoient les gâteaux des uns , & fe contentoient d’épar-piller ceux des autres. Ceux dont les gâteaux avoientété mangés, étoient censés avoir tort, & perdoiem leurcause.
Au pied d’une montagne du Gévaudan,il y avoitaustì un grand lac consacré à la Lune, sous le nomd ’Helanus , qui signifie Splendeur. Chaque année, tousles paysans des environs se rendoient furies bords dace lac. Les uns y jettoient des habits d’hommes , despièces de drap, des toisons, des fromages. Les au-tres y jettoient des pains , de la cire & d’autres cho-ses semblables. Us amenoient auflì en ce lieu des char-