Band 
Tome troisieme.
Seite
621
JPEG-Download
 

J*o[SUP]v*W 6rr

quil’onttué, & de leur pardonner fa mort. Le renneque l’on emploie pour tramer Tours est exempt deservice pendant tout le reste de Tannée. Lorsque latroupe est arrivée à la cabane, « chacun d’eux, ditn Schaeffer, est obligé de se transporter dans une au-„ tre cabane où fa femme... lui crache au visage de» Técorce d’aune mâchée & broyée avec les dents, nCe font les maris qui demandent eux-mêmes, en chan-tant, à leurs femmes, « qu’elles leur rendent cet of-,» fice , parce que cette écorce d’aune étant rougeâtre ,w on la prend pour le sang de Tanimal qu’ils ont tué,» quia rejailli fur leur világe. „ Après cette cérémo-nie , on écorche Tours : on le met en pièces ; on lefait cuire, & les chasseurs en font un festin. On sus-pend au bout dune perche la peau de la bête; 8cles femmes s’exercent à décocher des fléchés contrecette peau. L’estime publique est pour celle qui peurk premiers faire toucher fa fléché à la peau. On s'ima-gine que le premier ours qui fera tué à la chasse,fera tué par la main de son mari. « On donne à cettej» même femme, au rapport de Schiffer, la charge» de prendre des morceaux d’étoffe, & de coudre, avec» un filet d’étain, fur chacun d’eux, autant de croix que» Ton a tué d’ours... & de pendre ces pièces d’é-,» toffe au cou de tous ceux qui ont assisté à la chasse,» qui font obligés de les porter ainsi trois jours , juf-» qu’au soleil couché du troisième jour... On pend une» semblable croix au cou du renne dont on s'est servi» pour traîner Tours depuis le bois jufqu’à la cabane. »II ne faut pas oublier une autre pratique qui. sert en-core à faire croire que les Lapons ont un certain res-pect pour Tours ; c’est que tous les chasseurs qui ontcontribué à la mort de fours, ceux mêmes qui n’enont été simplement que témoins, font obliçés de fepriver des plaisirs du mariage, pendant l’efpace detrois jours. Le chef des chasseurs , comme le plus cou-pable, est condamné à cinq jours d’abstinence. Aprèsque les chasseurs ont accompli le temps de leur pé-nitence , il faut encore qu’ils fe purifient, avant depouvoir retourner librement auprès de leurs fem-