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Tome troisieme.
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humeur fur l’idole, qui reçoit quelques bons coups. Ce-pendant il revient pour la troisième fois à la char-ge, & ne cesse point de jetter les bâtons, jufqu’à ceque le hasard les tasse tomber sur le côté rond ; cequi est d’un très-heureux présage. Souvent les Chi-nois mettent dans un pot un grand nombre de ces pe-tits bâtons. Ils les tirent ensuite au hasard, & feuil-letent un livre de magie, qui leur apprend ce quesignifie la maniéré dont les bâtons font sortis.

16. Les habitants de la Cochinchine font persuadésque les démons & les esprits malfaisants épient le mo-ment où l’ame fort du corps, pour s’en emparer 8cpour la tourmenter. Dans cette idée , lorsqu’un maladeest à l’agonie , ses parents & ses amis prennent les ar-mes & s’assemblent autour de son lit. Ils agitent decôté & d’autre leurs sabres & leurs cimeterres , & s’es-criment sérieusement contre l’air, s’imaginant empêcherpar-là les démons d’approcher. Après que le maladea rendu le dernier soupir, les Onsais , ou prêtres dupays , emploient toutes les ressources de leur art pouríçavoir quel doit être Tétât de l’ame du défunt. Par lemoyen de leurs charmes & de leurs conjurations, ilsfont entrer le diable dans le corps d’un des prochesparents du mort. Cet homme commence auflì-tôt àdonner des marques de fa posselsion , par des contor-sions horribles & des convulsions fréquentes , au milieudesquelles Tesprit qui l’agìte fait connoître , par sa bou-che , dans'quel endroit l’ame du défunt est allée, &Cquel est le fort qui lui est destiné. Pour ce qui regardela maniéré dont les Cochinchinois célèbrent les funé-railles , ils n’ont rien qui les distingue de leurs voisins.Comme eux, ils présentent des viandes aux âmes desmorts ; mais leur superstition sur cet article est beau-coup moins aveugle que celte des autres peuples ; &ils prétendent justifier cet usage par un raisonnementcaptieux dont on ne les auroit pas cru capables. Lors-qu’on veut leur prouver qu’il est ridicule de donner àmanger aux âmes , puisque des esprits ne mangentpoint, & puisqu’en effet on ne voit pas qu’ils touchentà aucun des mets qu’on leur présents, les Cochinchi-Ç, R, Tome lll % R r