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Tome troisieme.
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les génies qui président aux vents & à la mer, slls s’a-visoient dç cracher contre le vent, ou même d’y jctterquelque chose. Par la même superstition , lorsqu’ils sonsen mer , ils évitent avec le plus grand foin de tournerles yeux du côté d’où vient le vent. Ces peuples ontprelqu’autant de respect pour les vaisseaux que pour lestemples ; ou plutôt ils regardent les premiers commede véritables temples consacrés aux génies de la mer& des vents.

14 . Plusieurs femmes des isles Molucques sont per-suadées que, si elles mangeoient des fruits doubles ,cela rendroit leur accouchement très—difficile , & leurferoit mettre au monde des enfants jumeaux ; ce qu’etlesappréhendent beaucoup. Les Molucquois entretien-nent avec grand soin leur chevelure , qui leur commu-nique , à ce qu’ils prétendent, une force invincible. IIn’y a point de danger qui les épouvante , point de tour-ments qu’ils ne bravent, tant qu’ils conservent leurslongs cheveux. Ils ont une autre opinion plus ridicule,au sujet des femmes qui meurent en couche : ils croientqu'après leur mort, elles errent dans la campagne,sous laforme de spectres & de phantômes, pour effrayer lespassants. Les moyens qu’ils emploient pour empêcherces femmes de courir ainsi les champs, ne sont pasmoins singuliers. Avant de porter la défunte au lieude la sépulture , ils ont soin de lui mettre un œuf souschaque aisselle. Us lui enfoncent des épingles dans lesdoigts des pieds, & les enveloppent de coton : ils seservent de cordons faits avec de certaines herbes, pourleur attacher les jambes ; & , sous la plante des pieds ,ils leur mettent du borbory , ou du safran des Indes ,en croix. S’il arrive qu’un corbeau, qu’ils regardentcomme un oiseau sinistre, se perche sur leur maison ,ils prononcent contre lui mille imprécations. Lorsqu’unepersonne est malade , ils mettent sous le chevet de sonlit de l’ai’l , & certaines autres herbes auxquelles ilsattribuent le pouvoir *de guérir les maladies; Ils ontsoin atiffi de placer un bâton au côté droit du malade,afin qu’il s’en serve pour bien recevoir les mauvaisgénies, s’ils viennent l’attaquer. Ces peuples ont dans

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