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firent sérieusement de très-graves adieux à ces trois,animaux , qu’ils accompagnèrent de vœux sincèrespour la prospérité d’un si long voyage. En un mot, ilsn’oublierent aucune des démonstrations qui font enusage lorsqu’on prend congé d’un ami. Les éléphantsque l’on appelle blancs, parce qu’ils font d’une couleurde chair , font encore pi s honorés que les autres. LesSiamois font vivement persuadés que l’ame de quelqueprince illustre habite dans leur corps. Parmi les titrespompeux que se donne le roi de Siam , celui de Roide l’Eléphant blanc n’est pas le moins distingué. Cetanimal a excité des guerres très-longues & très-vivesentre le roi de Siam & celui de Pégu, qui prend austile titre de Roi de l’Eléphant blanc. Les Siamois pré-tendent que le dernier corps habité par l’ame de Som-mona-Codom, est celui d’un éléphant ; & cette opi-nion est fans doute la source de la vénération qu’ils ontpour cet animal. Une autre opinion , fondée fur la va-nité des Siamois, est celle qui leur fait croire que leséléphants blancs ne fe trouvent que dans leurs forêts.II y a toujours un éléphant blanc que l’on nourrit dansle palais du roi de Siam , jufqu’à ce qu’il meure devieillesse. Le P. Tachard assure avoir vu , à une lieuede Siam, un petit éléphant blanc , un peu plus grosqu’un bœuf, destiné à succéder à celui qui êtoit dans lepalais , que l’on difoit âgé de près de trois cents ans.
22. Les insulaires de Ceylan emploient la cérémonieque nous allons décrire , lorfqu’ils veulent fçavoir quelest le dieu ou le génie qui est fauteur de leurs mala-dies. Ils plient en forme d’arc la premiere branchequ’ils trouvent; ils suspendent à la corde de cet arcun instrument qui ressemble assez aux ciseaux dont ilsse servent pour couper les noix de bétel ; puis ils pren-nent l’arc par les deux extrémités , & nomment suc-cessivement tous les dieux ou génies qu’ils connoissent.Ils font persuadés que l’instrument tourne, lorfqu’ilsprononcent le nom de celui qui est fauteur de leur mal ;& , par ce moyen , ils sçavent à qui ils doivent s’adresserpour en ob enir la guérison.
2Z. Les insulaires des Maldives croiroient offenser