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surpris avec une femme est condamné au feu fans mi-séricorde. Ce genre de faute ne se pardonne jamais. Ilsont bien des dédommagements d’une vie si dure; &d’abord ils font dans une extrême vénération parmi lepeuple , ce qui flatte beaucoup leur orgueil naturel.Cette vénération est fondée en partie fur leur saintetéapparente , & en partie sur leur ancienneté. Leur ori-gine est si obscure , qu’on les croit communément ausiianciens que le monde. On ne leur connoît point defondateur ; & tous les grands hommes qui font adoréscomme des saints & des dieux à Siam , ont porté , fe- ■Ion Topinion vulgaire, l’habit de Talapoin. L’éduca-tion des enfants dont ces moines font chargés , le mi-nistère de la prédication qu’ils exercent, font des fonc-tions qui ne laissent pas de contribuer beaucoup aurespect que le peuple a pour eux. 11 y a de grandsprivilèges attachés à la profession de Talapoin. 11 s fontexempts de travailler pour le roi, pendant six mois ;corvée à laquelle font obligés tous les Siamois, qui fontesclaves-nés du prince. Un si beau privilège rendroitl’ordre des Talapoins plus nombreux qu’il ne convientaux intérêts du roi , si ce monarque n’avoit foin defaire subir de temps en temps un examen rigoureux àces moines privilégiés. S’il se trouve qu’ils n’aient pasune connoissance suffisante de la langue balie & deslivres qui font composés en cette langue, on les faitrentrer dans Tordre des séculiers. On fit, par ce moyen,une réforme considérable dans les couvents des Tala-poins , vers Tan 1697 ; & Ton chasta ignominieusementplusieurs milliers de ces moines ignorants.
Un autre privilège non moins considérable des Tala-poins , c’est que leur personne est sacrée , & qu’il n’y aaucune puissance qui puisse leur ôter la vie. En 1688 ,un usurpateur s’étant emparé du trône de Siam, unprince de la famille royale fe réfugia dans un couventde Talapoins , & prit l’habit de cet ordre. 11 y eût étédans la plus grande sûreté, s’il se fût défié des piègesde Tusurpateur ; mais ce tyran , sçachant qu’il n’avoitaucun pouvoir sur le prince, tant qu’il seroitTalapoin,rengagea, par ses belles promesses & par des caresses