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Tome troisieme.
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étudiées , à quitter l’habit qui étoit fa fauve-garde , &le fit ensuite mourir. On pourroit compter parmi lesprivilèges des Talapoins, la liberté qu’ils ont de quitterla vie monastique , lorsqu’eile commence à les en-nuyer. Plusieurs en effet rentrent dans le monde lorf-qu’ils fe font fait , des aumônes publiques , un fondsaster considérable pour subsister à leur aise le reste deleur vie. Le plus grand nombre des Talapoins ne re-garde cette profesiìon que comme un moyen hon-nête de faire fortune. Quoique leur réglé leur défendeabsolument de thésauriser , ni même de garder rien àmanger du soir au lendemain , ils fçavent éluder la loi,& se ménager des ressources pour l’avenir. Aussi pau-vres en apparence que nos Capucins , ils ne peuventtoucher l’argent qu’ils reçoivent ; mais ils ont des dé-positaires fideles qui, dans le besoin , leur remettent ledépôt qu’ils leur ont confié.

Le lecteur verra peut-être avec plaisir un précis deTordre du jour qu’obfervent ces moines. Comme ilsn’ont point d’horloge, c’est le son d’une cloche qui leurdonne le signal pour fe lever le matin. Ils ne quittentpoint le lit que le jour ne soit déja assez grand pourqu’ils puissent discerner les veines de leurs mains. Cen’est point la paresse qui a établi cet usage : il doit sonorigine à l’un des points fondamentaux de la doctrinedes Talapoins , qui leur défend de rien tuer. Ils ontpeur que, s’ils fe levoient avant le jour, ils ne mar-chassent dans l’obscurité fur quelque insecte , sans l’ap-percevoir , & ne se rendissent par-là coupables d’ungrand crime , même à leur insçu. Dès qu’ils font levés,ils fe rendent au temple avec leur supérieur, pouroffrir à leur divinité les premieres actions de la jour-née. Ils chantent ou récitent quelques prières en languebalie, astis à terre, les jambes croisées, & agitant avecune espece de mesure , leur éventail ou parasol, qu’onnomme talapat. Leurs prières étant finies, ils saluentl’idole , en se prosternant trois fois devant elle ; céré-monie qu’ils observent auíîì en entrant : ensuite ils seretirent. Après s’être acquittés de ce pieux devoir , ilsfe répandent dans les différents quartiers de la ville ,

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