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sérable nia effrontément le crime dont on l’accusoit ;&, pour montrer son innocence , il demanda qu’on luifit subir une épreuve en usage dans le pays, qui con-siste à demeurer dans les bois pendant un certain nom-bre de jours, exposé aux bêtes féroces: si l’on n’enreçoit aucun mal, on est déclaré innocent. Le Tala-poin fut admis à lepreuve. II s’en alla dans les bois,maisaccompagné d’un grand nombre d’esclaves qui !e dé-fendirent contre les atteintes des bêtes sauvages. II enrevint sain Sc sauf au bout de sept jours : alors leroi, quoiqu’intérieurement persuadé que le Talapoinétoit coupable, le déclara absous, Sc dit, pour justi-fier cet arrêt, qu’il ne falloit pas douter que le crimen’eût été commis par quelque diable , qui avoit prisla forme d’un Talapoin , pour rendre ces saints per-sonnages odieux au peuple. Le Talapoin, peu contentde s’être si heureusement tiré d’une pareille affaire,voulut le venger de la jeune fille qui l’avoit dénoncée :il la poursuivit en justice , comme coupable de calom-nie ; Sc le crédit de l’accusateur fit condamner à l’escla-vage cette fille innocente.
Le roi de Laos prend le titre de Protecteur 8c deGénéral de Tordre des Talapoins. C’est lui qui les gou-verne, qui marque leurs jours de jeûne , Sc les cé-rémonies de leurs fêtes : il leur explique les passagesdifficiles qui se rencontrent dans leurs livres. II a foinqu’ils observent exactement leur réglé, Sc les exhortesouvent à être fideles à leurs obligations II se réservela punition de leurs fautes, fonction dont il s’acquitteassez mal, comme on vient de voir ; mais il prend foinde venger le moindre outrage qu’on leur fait. II donnelui-même à son peuple l’exemp'e de les honorer,S’il rencontre un Talapoin , il est le premier à le sa-luer en levant la main droite , maniéré de saluer dupays. II ne s’en tient pas à ces marques stériles d’hon-neur; il les comble de bienfaits solides, Sc leur donnequelquefois des bourgs Sc des villages entiers, dontles habitants font obligés de pourvoir à l’entretien descouvents qui fe trouvent aux environs. A Limitationdu monarque, les seigneurs les plus distingués du