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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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bï ia Navigation. Lk)thoïent presque toujours que cette roue ne tour-nât.

Ces réflexions que fit le Mathématicien Por-tugais , nommé Barthelemi Crcscentius , lui ap-prirent qu'il n’étoit pas possible de mesurer lavitesse du Vaisseau par le mouvement de l’eauqu’il déplace. 11 crut qu il auroit cette vitesse entenant compte de l’essort du vent , qui faitavancer le Navire. Dans cette vue, il imaginaune espece de coffre dans lequel étoit enchâsséun bâton mobile garni d’aîles , & autour du-quel une corde étoit attachée. Le vent cho-quoit ces ailes, Sc suivant qu’il étoit plus oumoins violent, il attiroit plus ou moins de cor-de. Cette corde étoit encore roulée fur un ci-lindre de bois ; de maniéré que le cilindre tour-noit en même-tems que le bâton : la corde ense dévidant ainsi , passoit de la corde au bâton.Or c’étoit par la* Quantité de cordes dévidées 6centortillées autour du bâton , qu’on jugeoit dela vitesse du Vaisseau.

Cette invention étoit trop défectueuse pourqu’elle pût être utile. On conçoit aisément quele vent pouvoir augmenter considérablement,sans que le Vaisseau allât plus vite , & cela se-lon qu’il stappoit plus ou moins obliquementle vaisseau , Sc qu’on portoit plus ou moins devoiles. Aussi imagina-t-on bientôt un meil-leur moyen : on le doit à un Anglois nom-mé Lock. 11 consiste en une espece de na-celle garnie de plomb à son fond , pour qu’elleenfonce un peu dans l’eau, où on la jette, filleest attachée à une ficelle menue, divisée entoises par des nœuds. Cette ficelle est entortil-lée dans un tour, & on la laisse filer jusqu’*