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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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et de la Musique. 345ments , exécutant le mcme air, & accordés àl’octave. Cette maniéré de chanter s’appelloitencore Magadi^ein , à cause de l’instrumentMagadis dans lequel les cordes étoient accor-dées à l’octave , de forte qu’étant pincées en-semble , elles ne rendoient qu’un íeul ton. Ana-créan dit que cet infiniment étoit une espece deLuth garni de vingt cordes accordées à foctave,& quelquefois à la tierce. Ce n’est pourtant pasU une opinion généralement reçue. PlusieursErudits soutiennent, d’après le Poète Ion dontparle Athénée , que le Magadis étoit formé dedeux flûtes de grosseur différente ; que la plusmenue rendoir un ton plus bas & plus foible ,& la plus groíïe un ton plus aigu & plus fort.

Quoi qu’il en soit, tandis qu ’Ariflote écrivoitainsi fur la Musique , Aristoxene , son disciple ,né à Tarente , étuclioit le systcme de Pythagore .11 trouvoit extraordinaire que ce Philosophevoulût que la raison seule jugeât des sons & deleurs proportions, & qu on n’admîr point d’au-tres formes d’intervalles que celles qu’on pou-voit démontrer ou arithmétiquement par lesnombres, ou géométriquement par les lignes.•Amíi la quinte doit toujours être , félon lui,dans la proportion précise de 1 à 3 , la quartedans celle de 3 à 4 le ton mineur*dans celle de9 à 10 , & Je ton majeur dans celle de p à 8.Mais Aristoxene prétendit que l’oreillcne s’ac-cotnmodoit pas de ces précisions mathémati-ques ; que le son étant l’objet de fouie, c’étoit3elle à en juger souverainement, sans avoir«gm-d à la raison ; & que par conséquent laquinte trop forte, & la quarte trop foible 11e

5 accommodant point avec l’oteille , il falloic