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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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15T DE 1A MUSIOUÏ.à leur goût , très plate & très ínjîpide , parceque?dans cette Musique tout est: doux , facile , cou-lant , lié , naturel, Juivi, uni & égal. La va-riété est, au contraire , quelque forcée qu’ellesoit , toujours plus piquante. Les Italienspatient ì tout moment cl u b quarre au b mol *& du b mol au b quarre. Ils font souvent descadences doublées & redoublées de sept ou huitmesures , des tenues d’une longueur prodigieuse »des passages d 3 une étendue à confondre ceux quiles entendent la prtmicre fois , fur des tons àfaire frayeur : ils hasardent ce qu’ìly a de plusdur & de plus extraordinaire. Ils insultent la dé-licatesse de l’or aile que les autres n’oferoienttoucher qu’ en la flattant , dans le sentiment quilsont d'être les premiers hommes du monde peurla Musque , d'en être les Souverains & les Maî-tres despotiques , & en gens toujours assurés du

succès .parcequ’elle est fort commune eti

Italie. La Musique leur est f familière , qu’unchant naturel & uni est pour eux une chose tropVulgaire 3 & que pour piquer leur goût rassasiéde chants simples & suivis il faut fans cessechanger de ton , & hasarder les passages les plusbifàrres & les plus forcés. Aufp VItalie efl pleinede Maîtres , qui font tout au moins de la forcede Lulli. 11 y en a Borne , à Naples , à Flo-r cnce , à Venise 3 à Boulogne , a Milan , à Tu-fin , £> jl y en a eu dans tous les tems. Les Chan-teurs de la Place Navone à Rome , & ceux du■Pont-riahe à Venise , qui font là ce quefon\ icites Chanteurs du Pont-Neuf ,se mettent trois ouquatre ensemble , & font une Musque qui vautles Concerts qu’on fait en France. Ensin commeles Italiensfont beaucoup plus vifs que les Fran-