'z68 Histoire i>e l’Acoustiqubcelui qu’il avoir appris, & auquel son ame«toit accoutumée , & avec une autre habitudede chant, il eut choisi un autre son. D’où ilconclut, qucpuisqu’il ne trouyoit en lui-mêmeaucune bonne raison pour justifier ce choix6c le regarder comme suggéré par la nature ,il ne devoir ni le prendre pour principe de sesrecherches, ni le supposer dans un autre hom-me , qui n’auroit point l’habitude de chanter &cd’entendre du chant.
Un principe manouoit donc au développe-ment de ses idées. Pour y suppléer , Rameauexamina le rapport du ton gu’il avoir entonnéavec ceux que l'oreille Sc la voix lui fournis-soienc immédiatement, Sc il trouva que cerapport étoit asiez simple , que ce n’étoit à lavérité ni l'uniston comme i à i , ni Toctavecomme 1 à i ; mais que c’étoit un de ceux quile suivent immédiatement dans Tordre de lasimplicité , & c’est le rapport du son à sa quintecomme x à 5 , ou à la tierce comme 4 à 5.Cependant quand même cette simplicité derapport eût été encore plus grande , elle n’eûcfiait tout au plus qu’une espece de convenancedes sons à celui auquel il les faisoit succéderimmédiatement par prédilection. Elle n’eûtdonc point expliqué cette prédilection , ni don-né un point fixe. II retomba donc ainsi dansson premier embarras. Le moyen qu’il pritpour en sortir est si curieux & si beau , queje vais emprunter íes propres paroles, craintede Taltérer en voulant Tanalyser moì-même.
Je me plaçai donc [cìit-il] le plus exacte-ment qu’il me fut possible dans l’état d’un hom-me qui n’auroit ni chanté , ni entendu du
chant,