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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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Hhtomti

des pierres qu’on lançoit, & que ces pierresétoient comme jettées au hasard dans la Placeassiégée : d’où l’on doit conclure , que la Ba-liste étoit fort inférieure à la catapulte.

Ce fut avec ces Machines qu’on inquiéta lesassiégés postés fur le parapet dumur de la Ville,& qu’on les empcchoit souvent de lancer despierres ou des feux fur ceux qui cherchoient àcombler le fossé. Pendant ces moments de cal-me 8c de rcpit, on /étroit toujours des pierres& de la terre dans le fossé , 8c on fe frayoit ainsiun chemin pour parvenir au pied du mur.Quoique ce travail fût long , on en venoit quel-quefois á bout. Les assiégés se crurent pendantquelque temps fans restaurce ; mais la nécessi-té , mere des inventions, suggéra de nouveauxmoyens de défense, en changeant la forme del’enceinre des Villes. Et c’est ici la premièreépoque de l’art de fortifier.

Au lieu de faire cette enceinte circulairecomme elle étoit, on s’avifa de la former avecdes angles saillants & des angles rentrants enfaçon de dents de scie, afin qu’une partie purflanquer ou défendre l’autre. Cette constructionn’eut pas tout l’avantage qu’on enefpéroir. Cesavances & ces retraites laissoient au pied del’angle rentrant un espace qui n’étoit pas dé-fendu ; mais un Ingénieur habile , qu’on nenomme pas, para à cet inconvénient en fai-sant élever des tours aux angles faillans. Cestours croient rondes. C’étoit un défaut, carelles ne pouvoient être ni vues, ni flanquées :aussi les rendit on bientôt quartes. Elles croientdistantes l’une de l’autre du trait d’une fléché.On les environna d’un petit chemin couvert 8c.