SUE- LE POEME ÉPIQUE. , IIdes Divinités païennes , mais toujours régléspar la loi immuable de la sagesse , qui ne peutqu’aimer la vertu et traiter les hommes , nonselon le nombre des animaux qu’ils immolent,mais des passions qu’ils sacrifient.
Des mœurs des héros d’Homere .
On peut justifier plus aisément les carac-tères qu’Homere donne à ses héros, que ceuxqu’il donne à ses Dieux. Il est certain qu’ilpeint les hommes avec simplicité , force , va-riété et passions. L’ignorance où nous sommesdes coutumes d’un pays , des cérémonies de sareligion , du génie de sa langue ; le défautqu’ont la plupart des hommes Je juger de toutpar le goût de leur siecle et de leur nation;l’amour du faste et de la fausse magnificence,qui a gâté la nature pure et primitive: toutesces choses peuvent nous tromper et nous dé-goûter mal-à-propos de ce qui étoit le plusestimé dans l’ancienne Grece .
Il y a, selon Aristote , deux sortes d’é-popées , l’une fathétique , l’autre morale ;l’une où les grandes passions régnent ; l’autreoù les grandes vertus triomphent. L’Iliade et l’Odyssée donnent des exemples de cesdeux especes. Dans l’une , Achille est repré-senté naturellement avec tous ses défauts ;tantôt comme emporté , jusqu’à ne conserveraucune dignité dans sa colere ; tantôt commefurieux , jusqu’à sacrifier sa patrie à sonressentiment. Quoique le héros de l’Odysséesoit plus régulier que le jeune Achille bouil-lant et impétueux, cependant le sage Ulysse est souvent faux et trompeur. C’est que le