cto Discours
les fait jamais parler ni agir que d’une ma-niéré digne d’elles ; il unit avec art la poésied’Homere et la philosophie de Pythagore ; ilne dit rien que ce que les païens auroient pudire ; et cependant il a mis dans leurs bou-ches ce qu’il y a de plus sublime dans la mo-rale Chrétienne , et a montré par-là que cettemorale est écrite en caractères ineffaçablesdans le cœur de l’homme , et qu’il les décou-vrirait infailliblement , s’il suivoit la voixde la pure et simple raison pour se livrer to-talement à cette vérité souveraine et univer-selle, qui éclaire tous les esprits, comme lesoleil éclaire tous les corps, et sans laquelletoute raison particulière n’est que ténèbreset égarements.
Ses idées de la Divinité.
Les idées que notre poëte nous donne dela divinité , sont, non-seulement dignes d’elle,mais infiniment aimables pour l’homme. Toutinspire la confiance et l’amour ; une piétédouce, une adoration noble et libre, due àla perfection absolue de l’Etre infini, et nonpas un culte superstitieux, sombre et servile,qui saisit et abat le cœur , lorsqu’on considéréDieu seulement comme un puissant législa-teur qui punit avec rigueur le violentent deses lois.
Il nous représente Dieu comme amateurdes hommes ; mais dont l’amour et la bontépour nous ne sont pas abandonnés aux décretsaveugles d’une destinée fatale , ni méritéspar les pompeuses apparences d’un culteextérieur, ni sujets aux caprices bizarres