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DE TÉtÈMAQUE. Liv. IX. 437prononcer aucune parole, mais gémissant , le-vant vers le Ciel les mains et les yeux noyés delarmes.
Cependant les Princes assemblés attendoientTélémaque qui étoit auprès du corps de P i sis—trate. Il répandoit sur son corps des fleurs à plei-nes mains : il y ajoutoit des parfums exquis etversoit des larmes amères. O mon cher compa-gnon ! lui disoit-il, je n’oublierai jamais de t’a-voit vu à Pylos , de t’avoir suivi à Sparte , det’avoir retrouvé sur les bords de la grande Hes-périe : je te dois mille et mille soins; je t'aimois,tu m’aimois aussi ; j’ai connu ta valeur , elleauroit surpassé celle de plusieurs Grecs fameux.Hélas ! ella t’a fait mourir avec gloire ; mais ellea dérobé au monde une vertu naissante qui eûtégalé celle de ton père : oui, ta sagesse et tonéloquence dans un âge mûr auroient été sembla-bles à celles de ce vieillard, l’admiration de toutela Grèce . Tu avois déjà cette douce insinuation,à laquelle on ne pouvoit résister quand tu par-lois : ces manières naïves de raconter , cette sagemodération qui est un charme pour appaiser lesesprits irrités ; cette autorité qui vient de la pru-dence et de la force des bons conseils. Quandtu parlois , tous prêtoient l’oreille , tous étoientprévenus, tous avoient envie de trouver que tuavois raison. Ta parole simple et sans faste cou-loir dans les cœurs comme la rosée sur l’herbenaissante. Hélas ! tant de biens que nous possé-dions il y a quelques heures, nous sont enlevéspour jamais : Pisistrate , que j’embrassai hier ,n est plus ; il ne nous en reste qu'un douloureuxsouvenir. Au moins, si tu avois fermé les yeux? e Nestor, et non pas que nous eussions ferméles tiens , il ne verroit pas tout ce qu’il voit, il
ne seroit pas le plus malheureux de tous lesperes.
Après ces paroles , Télémaque fit laver laPaie sanglante qui étoit dans le côté de Pisis-
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