de Télémaque . Liv. IX. 447mes qui le mène vers le tombeau. Venez le con-soler : un ami malheureux est plus propre qu’unautre à soulager son cœur.
Ils allèrent aussi-tôt dans la tente de Nestor,qui reconnut à peine Diomède , tant la tristesseabattoit son esprit et ses sens. D’abord Diomède pleura avec lui , et leur entrevue fut pour levieillard un redoublement de douleur : mais peu-à-peu la présence de cet ami appaisa son cœur.On reconnut aisément que ses maux étoient unpeu suspendus par le plaisir de raconter ce qu’ilavoit souffert, et d’entendre à son tour tout cequi étoit arrivé à Diomède .
Pendant qu ils s’entretenoient , les Rois assem-blés avec Télémaque examinoient ce qu’ils dévoientfaire. Télémaque leur conseilloit de donner à Dio mède le pays d’Arpi (x) , et de choisir pour roides Dauniens Polydamas , qui étoit de leur nation.Ce Polydamas étoit un fameux capitaine , qu’A-draste par jalousie n’avoir jamais voulu employerde peur que l’on atribuàt à cet homme habilele succès dont il espéroit d’avoir seul toute lagloire. Polydamas l’avoit souvent averti en par-ticulier qu’il exposoit trop sa vie et le salut deson Etat dans cette guerre contre tant de nationsconjurées. Il l’avoit voulu engager à tenir une con-duite plus droite et plus modérée avec ses voisins ;mais les hommes qui ha ssent la vérité , haïssentaussi les gens qui ont la hardiesse de la dire : ilsne sont touchés ni de leur sincérité , ni de leurzèle, ni de leur désintéressement. Une prospéritétrompeuse endurcissoit le cœur d Adraste contreles plus salutaires conseils. En ne les suivant pas ,il triomphoit tous les jours de ses ennemis. Lahauteur , la mauvaise foi, la violence mettoienttoujours la victoire dans son parti. Tous les mal-heurs dont Polydamas l’avoit si long-temps me-nacé , n’arrivoient pas. Adraste se moquoit d’une
f» Le pays d’Arpi est le même que celui d’Arpos ,dont il a été parlé ci-devant.