DE TÉI. ÉMAQUE» Liv. X. 459tout est pur , tout est aimable , tout marque Uneautorité qui est au-dessus de 1 homme. Quand leshommes veulent de la gloire , que ne cherchent-ils dans cette application à faire du bien ? O qu’ilss’entendent mal en gloire , d'en espérer une so-Me.,.en ravageant la terre et en répandant le sanghumain !
Mentor montra sur son visage une joie sensi-ble de voir Télémaque si désabusé des victoireset des conquêtes, dans un âge où il étoit sinaturel, qu il fut enivré de la gloire qu’il avoitacquise.
Ensuite Mentor ajouta : Il est vrai que toutce que vous voyez ici est bon et louable ; maissachez qu’on pourroit faire des choses encoremeilleures. Idoménée modère ses passions, et s'ap-plique à gouverner son peuple ; mais il ne laissepas de faire encore bien des fautes qui sont dessuites malheureuses de ses fautes anciennes. Quandles hommes veulent quitter le mal , le mal sembleencore vouloir les poursuivre ; long-temps il leurreste de mauvaises habitudes , un naturel affaibli,des erreurs invétérées, et des préventions presqu’in-curables. Heureux ceux qui ne se sont jamaiségarés ! Ils peuvent faire le bien plus parfaite-ment. Les Dieux, ô Télémaque ! vous demande-ront plus qu’à Idoménée , parce que vous avezconnu la vérité dès votre jeunesse , et que vousn’avez jamais été livré aux séductions d’une tropgrande prospérité.
Idomenée , continuoit Mentor , est sage etéclairé , mais il s applique trop au détail et nemédite pas assez le gros de ses affaires , pour for-mer des plans. L’habileté du Roi , qui est au-dessus des hommes, ne consiste pas à faire toutpar lui-même, (a) C’est une vanité grossière que
(2) C’est une vanité grossière, etc. Louis XIV eutcette vanité ; il voulut persuader au monde <iu’il faisoittout par lui-même après la^mort du Cardinal Mazarin . Ilest vrai qu’il travailloit avec Louvois et Colbert ; mais
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