de Télémaque . Liv . X . 471teurs fidelles à récompenser , donnez-leur des- ter-res incultes; ajoutez-y des rangs et des honneursproportionnés à leur condition et à leurs services ;ajoutez-y , s’il le faut, quelqu'argent pris par vosépargnes sur les fonds destinés à votre dejiense ;mais ne payez jamais vos dettes en sacrifiant lesfilles riches malgré leur parenté.
Idoménée passa bientôt de cette question à uneautre. Les Sibarites (<2) , disoit-il, se plaignentde ce que nous avons usurpé des terres qui leurappartiennent (11) , et de ce que nous les avonsdonnées comme des champs à défricher aux étran-gers que nous avons attirés depuis peu ici. Céde-rai-je à ces peuples? Si je le fais , chacun croiraqu’il n’a qu’a former des prétentions sur nous.
Il n’est pas juste, répondit Mentor , de croireles Sibarites dans leur propre cause; mais ils n’estpas juste aussi de vous croire dans la- vôtre. Quicroirons-nous donc? repartit Idoménée . U ne fautcroire , poursuivit Mentor , aucune des deux par-ties ; mais il faut prendre pour arbitre un peuplevoisin qui ne soit suspect d'aucun côté. Telssont les Sipontins : ils n’ont aucun intérêt con-traires aux vôtres. Mais suis-je obligé, répondit Ido-niénée , à croire quelqu’arbitre ? Ne suis-je pas
(a) Les Sibarites étaient les peuples de l’ancienneSibari , ville de la grande Grèce en Italie , qui étoits \ puissante qu’elle avait sous sa domination vingt-cinq autres villes avec leurs dépendances. Cette villefut ruinée par les Crotoniatcs , et Von en voit encoreles ruines sous le nom de Sibari Rouinata , dans laCalaite citéricure .
(i*) Les Sibarites se plaignent de ce que nousavons usurpé des terres qui leur appartiennent , etc.Ceci regarde encore les réunions faites en vertu des.Chambres de Brisach et de Metz , mais particuliére-ment l’invasion de plusieurs places que le Roi prit auxPays-Bas en 16S1 en pleine paix. Les Espagnols s*enplaignirent : le Roi vouloir retenir Alost , ou avoirLuxembourg ; il prit le Roi d'Angleterre pour arbitre ,et attaqua néanmoins Luxembourg peu après.